Il reste cependant que la politique de Nyerere a porté un certain nombre
talité infantile, grand nombre d’écoles, de centres de formation artisanale
et de coopératives.
Au moment de son retrait de la présidence du parti, le 16 août dernier,
Nyerere a plaidé pour le maintien du monopartisme, estimant le multipartisme étranger à l’Afrique. Des élections générales doivent se dérouler en octobre prochain.
L’Eglise tanzanienne
Les premiers missionnaires, des Spiritains venus de Zanzibar, pénètrent
au Tanganyika en 1868. Dix ans plus tard, c’est au tour des Pères Blancs de
traverser le pays, en route vers les Grands Lacs.
Les chrétiens représentent actuellement 30% de la population (20% de
catholiques et 10% de protestants), les musulmans 50%, tandis que les adeptes des religions traditionnelles représenteraient 20%. Cette répartition
varie fortement d’une région à l’autre: les deux îles (Zanzibar et Pemba)
connaissent une très forte majorité musulmane, tandis que la région de Songea, dans le sud du pays, est par contre catholique à plus de 80%; dans le
nord, les Sonjo de la région de Moshi sont très christianisés, mais les Masaï résistent à toute influence de l’Eglise - en même temps qu’à l’expansion territoriale des Sonjo.
Nyerere, catholique du continent, et son successeur Mwinyi, musulman des
îles, se sont efforcés l’un et l’autre d’être président de tous. Une collaboration entre musulmans et chrétiens existe, même si des influences extérieures incitent les musulmans à prendre plus de place dans la vie publique
et à créer des écoles secondaires à l’instar des catholiques et des protestants.
L’Eglise participe à l’effort de développement et à la responsabilisation de la population. Certains observateurs estiment que l’engagement massif des Eglises auprès des populations de la base est à mettre à l’actif de
Nyerere. Est-ce par conviction ou par obéissance? Les initiatives de développement doivent en tout cas s’inscrire dans le programme d’ensemble.
"L’évêque aux pieds nus"
Mgr Christopher Mwoleka, 63 ans, que l’on a parfois appelé "l’évêque aux
pieds nus", pousse très loin la mise en pratique des exigences évangéliques. Evêque de Rulenge (nord-ouest), il favorise la création de communautés chrétiennes semblables à celles dont parlent les Actes des Apôtres, ce
qui implique entre autres la mise en commun des biens. Il encourage de même
la création de petites industries en vue de favoriser l’autonomie locale.
Pourtant, son caractère "prophétique" déconcerte et même agace tant ses
collaborateurs que ses collègues.
Le pays compte quatre provinces ecclésiastiques, constituées autour des
quatre sièges métropolitains de Dar-es-Salaam, Tabora, Songea et Mwanza;
elles recevront toutes la visite du pape. Tous les évêques du pays sont autochtones. Le cardinal Rugambwa, archevêque de Dar-es-Salaam, est le premier évêque africain à avoir reçu la pourpre (1960). Les 29 diocèses sont
desservis par 1’557 prêtres, dont 899 autochtones, et plus de 600 grands
séminaires. Alors que les religieuses missionnaires n’atteignent plus le
millier, les religieuses tanzaniennes sont actuellement plus de 5’000.
(apic/cip/gar/pr)