constate le métropolite orthodoxe russe Michaïl Mudjugin
Hambourg, 26juillet(APIC/CIP) On ne peut pas vraiment parler d’un
"renouveau religieux" en URSS, estime le métropolite orthodoxe russe
Michaïl Mudjugin, archevêque de Vologda et Velikoustjouk, dans une
interview accordée à l’agence de presse catholique allemande KNA, lors de
son passage à Hambourg le 24 juillet.
Que l’on rouvre des Eglises et que les projets se multiplient pour en
construire de nouvelles, ce n’est pas forcément l’indice d’un réveil
religieux, observe le métropolite orthodoxe. Pour l’archevêque, la nouvelle
sensibilité religieuse que l’on prétend constater dans la population russe,
dont on dit qu’elle se tourne davantage vers Dieu, n’est pas aussi forte
qu’on pourrait le souhaiter.
Avant tout l’évangélisation
L’évangélisation et la catéchèse sont bien plus importantes et plus
nécessaires que de nouvelles cathédrales et de nouveaux lieux de culte,
souligne le métropolite Michaïl. Bien sûr, reconnaît-il, il y a eu des
changements manifestes et même des événements remarquables, mais ils
avaient souvent un caractère superficiel : ils n’ont pas été en profondeur.
Quant aux discussions internes avec les intellectuels chrétiens dans
l’Eglise, à la faveur de la nouvelle prise de conscience suscitée par la
perestroïka et la glasnost, "l’Eglise orthodoxe russe n’en a pas peur",
affirme l’archevêque de Vologda. Pour autant que ses possibilités limitées
le lui permettent, ajoute-t-il, l’Eglise entend soutenir et promouvoir les
activités des croyants.
Du nouveau président du Conseil pour les Affaires religieuses, Youri
Christoradnov, auparavant vice-président du Soviet Suprême, l’Eglise
orthodoxe russe attend qu’il poursuive et développe "le changement accompli
dans la bonne direction en matière de politique ecclésiale". Aussi le
métropole Michaïl Mudjugin espère-t-il que le gouvernement votera au plus
vite les nouvelles lois qu’il a annoncées en ce domaine.
Et l’Eglise catholique d’Ukraine
L’Eglise catholique ukrainienne qui, en 1946, sous Staline, fut
incorporée de force dans l’Eglise orthodoxe russe régie par le patriarcat
de Moscou, retrouvera-t-elle un jour une existence propre aux yeux de la
loi ? L’archevêque orthodoxe russe de Vologda estime qu’il est difficile de
répondre à cette question.
D’après la Constitution soviétique, dit-il, toute confession religieuse
a le droit d’exister. Mais, ajoute-t-il, la position que l’Eglise
catholique ukrainienne a adoptée à l’égard de l’Eglise orthodoxe russe
laisse entrevoir des difficultés de collaboration le jour où l’Eglise
catholique ukrainienne serait à nouveau officiellement reconnue.
En définitive, le métropolite Michaïl Mudjugin est plutôt d’avis qu’il
faudrait "laisser de côté toute cette question" de l’Eglise catholique
ukrainienne : les rapports de l’Eglise orthodoxe russe avec Rome pourraient
alors, précise-t-il, se développer dans de bonnes conditions et avoir un
réel avenir. Somme toute, pour l’archevêque de Vologda comme pour le
patriarcat de Moscou, la grande difficulté, c’est que "l’Eglise catholique
soutient l’Eglise d’Ukraine". (apic/cip/mg)