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    IL FAUT UNE "REFORME" THEOLOGIQUE POUR RELEVER LE DEFI BIOETHIQUE

    Bruxelles, le 10 mars (ENIçStephen Brown) - Pour le théologien de

    l’ex-Allemagne de l’Est et militant en faveur des droits de l’homme,

    Wolfgang Ullmann, aujourd’hui membre du Parlement européen, une réforme

    théologique profonde est nécessaire pour relever le défi éthique lancé par

    la biotechnologie.

    W. Ullmann s’exprimait à l’issue d’un débat sur des propositions concernant

    la brevetabilité d’éléments génétiquement modifiés et d’autres inventions

    biotechnologiques, qui avait suscité une vive controverse au sein du

    Parlement européen. Interrogé par le correspondant d’ENI, il s’est félicité

    du rejet inattendu de ces propositions, mais s’est déclaré "très mécontent"

    de la réponse apportée par les théologiens et les Eglises aux problèmes

    éthiques soulevés par ces propositions.

    Le vote, qui s’est déroulé à Bruxelles au début mars, avait été précédé

    d’une campagne très active des Verts et de nombreux membres socialistes du

    Parlement, opposés à l’adoption de ces directives.

    Pour W.Ullmann, qui est également rapporteur sur les questions de la

    biotechnologie auprès de la Commission juridique, le projet présenté était

    une "tentative d’appropriation de l’être humain par l’industrie".

    Selon le groupe de pression Greenpeace, les propositions, débattues depuis

    sept ans, permettaient de commercialiser des produits obtenus à partir

    d’organismes vivants.

    Alors que les propositions semblaient exclure la brevetabilité des cellules

    et gènes humains "à l’état naturel" dans le corps humain, elles

    n’excluaient pas de la brevetabilité "des éléments susceptibles

    d’application industrielle et obtenus par un procédé technique à partir du

    corps humain".

    C’est la première fois que le Parlement européen exerc,ait les pouvoirs qui

    lui avaient été reconnus par le Traité de Maastricht pour rejeter la

    législation de l’Union européenne en certains domaines. Le Parlement

    européen comprend des membres directement élus des 15 Etats membres de

    l’Union européenne.

    Avant le vote, les militants de Greenpeace ont paralysé le trafic devant le

    Parlement de Bruxelles pendant un certain temps. Sous les yeux des

    policiers belges sidérés, ils ont escaladé le bâtiment, et déroulé une

    bannière jaune portant le dessin d’un serpent - représentant l’industrie de

    la biotechnologie - qui s’enroulait autour d’un membre du Parlement

    européen.

    Pour l’organisation Greenpeace, les brevets vont aussi promouvoir le

    monopole des "cultures protégées par brevet", excluant ainsi la

    reconnaissance du savoir des communautés locales, en particulier des

    populations autochtones, qui permet de préserver la diversité des espèces

    cultivées et naturelles.

    Les partisans des propositions avaient souligné qúelles étaient nécessaires

    pour instaurer un élément de contrôle de l’Union européenne sur toute une

    série de législations en matière de brevets au sein de l’Union européenne,

    o# un produit biotechnologique peut être protégé par brevet dans certains

    pays et non dans d’autres.

    Pour les compagnies pharmaceutiques, la législation aurait permis le

    développement de médicaments pour soigner le cancer et les malformations

    génétiques.

    W. Ullmann, aujourd’hui membre du Groupe des Verts au Parlement européen,

    était chargé de cours dans un institut de théologie de Berlin-Est avant de

    jouer un rôle-clé dans la révolution pacifique de 1989. Il a été durant une

    courte période ministre du gouvernement de transition de l’Allemagne de

    l’Est.

    Selon lui, ce débat sur la biotechnologie a fait ressortir la nécessité de

    mettre en place une "nouvelle charte des droits fondamentaux", comme celle

    qui a été présentée durant les débats en vue d’une nouvelle constitution

    pour l’Allemagne de l’Est après 1989.

    Les Eglises sont "impuissantes", a-t-il déclaré, à faire face à ce problème

    parce que "la théologie a négligé la création depuis l’époque de Freidrich

    Schleiermacher", théologien allemand du début du dix-neuvième siècle.

    W. Ullmann a appelé les Eglises à "parvenir à un consensus pour la survie"

    face "aux défis théologiques totalement nouveaux de la bioéthique et de la

    technologie de l’information".

    Des programmes tels que la "théologie de la vie" du Conseil oecuménique des

    Eglises, sont "très importants" pour le développement d’une nouvelle

    perspective éthique, a-t-il souligné. (676 mots)

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