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    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    que indépendante, avec l’archevêché à Prague. Celui-ci est visiblement ac-

    Il faut attendre 1344 pour voir la création d’une province ecclésiasti-

    cordé par le pape, en même temps que l’introduction du slavon comme langue

    liturgique officielle, pour faire contrepoids à l’influence germanique. Le

    XIVe siècle est pour la Bohème une période de splendeur politique et culturelle, mais aussi un grand siècle sur le plan catholique.

    Au XVe siècle se produit, suite à la politique de germanisation, une

    terrible réaction nationale et religieuse: la révolte de Jean Hus. Prédicateur à Prague en 1403, il dénonce les abus de l’Eglise et réclame l’affranchissement du peuple tchèque de la prédominance allemande. Arrêté à son arrivée au Concile de Constance, où il vient s’expliquer, il est condamné et

    brûlé vif en 1415. Ses disciples s’organisent en bandes armées à travers

    tout le pays. Ils résisteront vingt ans avant d’être vaincus et dispersés

    en 1434.

    La naissance de la secte des Frères Moraves (1457) contribue elle aussi

    à l’affaiblissement du catholicisme. Elle se disperse après la ruine de la

    Bohème-Moravie. Celle-ci devient une province de l’empire des Habsbourg,

    qui imposent le catholicisme comme religion d’Etat. La tolérance religieuse

    n’est rétablie qu’en 1720 (pour les seules traditions réformée et luthérienne). Il faut attendre l’indépendance, en 1918, pour que renaissent

    l’Eglise hussite et les Frères Moraves. La Slovaquie, de son côté, passée

    dans la sphère hongroise dès le XIe siècle, trouvera dans le catholicisme

    la sauvegarde de sa personnalité (alors que la Hongrie passera pour une

    grande part au protestantisme en réaction contre l’absolutisme autrichien).

    La chape du silence

    Au lendemain de l’indépendance (1918), le catholicisme connaît des

    moments difficiles en Tchécoslovaquie, notamment quand survient le schisme

    de l’Eglise nationale tchécoslovaque (1920), après le refus de Rome

    d’accéder à certaines requêtes (célibat des prêtres, usage de la langue

    nationale dans la liturgie, participation des laïcs au gouvernement de

    l’Eglise).

    Mais c’est la tornade soviétique qui va gravement affecter la situation

    de l’Eglise au lendemain du "coup de Prague" de Gottward (1948): suspension

    des hebdomadaires catholiques, confiscation des terres appartenant à

    l’Eglise, nationalisation des écoles et des hôpitaux, suppression des

    mouvements d’action catholique, cours obligatoire de matérialisme

    dialectique dans les séminaires et facultés de théologie.

    A partir de 1948, le ton monte entre le nouveau régime et l’épiscopat,

    qui proteste dans un mémorandum. Le gouvernement interdit la lecture d’une

    lettre pastorale de l’archevêque de Prague, Mgr Beran, mettant en garde les

    prêtres et les laïcs invités par le gouvernement à faire partie d’un "Comité pour l’Action Catholique", comme nouvel interlocuteur. Mgr Beran est

    placé en résidence surveillée, le nonce est déclaré "persona non grata".

    L’épiscopat élève une nouvelle protestation suite à la création d’un Bureau

    pour les Affaires religieuses et l’adoption d’une nouvelle législation religieuse. C’est alors l’offensive sur plusieurs fronts: procès spectaculaire de onze supérieurs religieux, fermeture des couvents et des séminaires,

    arrestation de nombreux évêques,... En 1951, Mgr Beran connaît la déportation. La même année, Jean XXIII lui envoie une lettre qui ne lui parviendra

    jamais. Mgr Eltschner, son auxiliaire, dernier évêque en liberté, meurt en

    1951.

    De tous les pays d’Europe - à l’exception de l’Albanie - la Tchécoslovaquie est celui qui a le plus développé sa lutte contre l’Eglise. Après la

    rupture entre Prague et le Vatican, la majorité des évêques et des sept

    mille prêtres du pays ont été emprisonnés, comme d’ailleurs les quelque

    huit mille (la chape de silence qui pèse sur l’Eglise n’autorise que les

    approximations) des douze mille membres des Ordres religieux. Des quinze

    séminaires ouverts en 1950, deux seulement subsistent, qui sont placés sous

    un contrôle des plus stricts. Seuls ont droit à la parole les trois mille

    prêtres membres de l’association sacerdotale "Pacem in terris", qui a succédé en 1971 au Mouvement des prêtres pour la Paix (créé en 1949 et dissout

    en 1968). "Pacem in terris" compte à cette époque un grand nombre de membres. L’organisation n’a pas cessé de se désintégrer, perdant tant en audience qu’en crédibilité sous les coups de boutoir de figures éminentes, en

    particulier du cardinal Frantisek Tomasek.

    La résistance

    Ordonné évêque en 1949 - dès le lendemain de sa nomination comme auxiliaire d’Olomouc, pour éviter qu’il ne soit appréhendé - Mgr Tomasek est

    tout de même arrêté et il connaît les camps de travail de 1951 à 1954 avant

    d’être assigné à résidence jusqu’en 1960. En 1965, Paul VI le nomme administrateur de Prague et le crée cardinal "in petto", sans publier son nom,

    ce qui sera fait un an plus tard, quand Mgr Tomasek deviendra archevêque de

    Prague.

    D’abord discrète, l’opposition du cardinal au régime se durcit après

    l’échec du "Printemps de Prague". On ne compte plus ses lettres pastorales,

    mémorandums, monitions, protestations, dont l’une fut adressée au ministreprésident L. Strougal le 23 avril 1988, en la fête de saint Adalbert, son

    prédécesseur, à la veille du 20e anniversaire du "Printemps de Prague".

    Tout récemment, il a donné son appui à la "charte" en 31 points réclamant

    la liberté religieuse. Cette pétition, dont le rédacteur principal est

    l’activiste catholique A. Navratil (ce qui lui a valu un nouveau séjour en

    hôpital psychiatrique) a été mise en circulation en décembre 1987. Quelques

    mois plus tard, elle avait recueilli 900’000 signatures.

    La libération

    Après la mort de deux évêques, il ne reste dans le pays, fin 1989, que

    trois diocèses sur treize à avoir un pasteur à leur tête, dont deux, nommés

    en 1973, bénéficient des faveurs du régime. Avant les récentes nominations

    épiscopales, les dernières dataient en effet de 1973. Le Vatican avait

    alors accepté un compromis: qu’au moins un des évêques soit membre de "Pacem in terris". Les résultats de ce compromis se sont révélés désastreux.

    Depuis mai 1988, onze évêques ont été nommés, dont quatre étaient déjà administrateurs apostoliques. Les prêtres et les religieux sont sortis de

    l’ombre, les séminaires ouvrent à nouveau leurs portes, la pastorale et les

    mouvements catholiques se réorganisent. C’est cette Eglise aujourd’hui libérée et le peuple tchécoslovaque tout entier que le pape vient saluer et

    encourager les 21 et 22 avril.

    65% des 15,5 millions de Tchécoslovaques sont catholiques. Leur répartition est inégale selon les régions: ils sont 25% en Bohème (6,5 millions

    d’habitants), 60% en Moravie (4 millions) et 80% en Slovaquie (5 millions).

    Soit en tout dix millions de catholiques, dont 5% de rite byzantin (200 paroisses en Slovaquie).

    Sur les vingt Eglises luthériennes que compte le pays, la plupart sont

    de petites dénominations protestantes, les plus importantes étant l’Eglise

    hussite (500’000 membres) et les Eglises luthériennes (300’000 membres).

    Les protestants représentent 5,5% de la population. L’histoire de ces Eglises minoritaires se caractérise par la résistance à la domination catholique, puis communiste. Leur espoir est que l’oecuménisme de base fondé sur

    la prière et l’étude commune de la Bible, vécu dans un combat commun contre

    le communisme, ne sera pas mis à mal par une "marche triomphale" et la confiscation par les catholiques de l’espoir du peuple tchécoslovaque. Le pape

    les rencontrera lors de sa première étape à Prague (Bohème), après sa visite au président Vaclav Havel, avant de se rendre au sanctuaire marial de

    Vehlerad (Moravie) sur la tombe de saint Méthode, puis à Bratislava. (apiccip/ba/cor)

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