Budapest, 8février(APIC/CIP) L’hebdomadaire catholique hongrois "Uj Ember" (l’Homme Nouveau), dont la gestion est placée sous la responsabilité
de l’Etat, évoque dans son dernier numéro le cardinal Joseph Mindszenty. Il
se demande s’il ne doit pas être considéré comme une "victime du système
stalinien" et donc réhabilité.
Un destin peu commun, que celui du cardinal Mindszenty, écrit l’hebdomadaire "Uj Ember", qui estime en outre que si on tente aujourd’hui d’éclairer tant de procès "truqués" et d’autres faits liés à la répression stalinienne en Hongrie, il n’y a pas de raison de ne pas évoquer le "cas Mindszenty": en particulier son procès et les mesures prises pour paralyser
l’activité de l’Eglise catholique du pays. Les témoignages et documents
publics prouvant que le procès du cardinal s’est déroulé selon un scénario
"préconçu" ne manquent pas, affirment "Uj Ember", pour qui "une clarification est de première importance aujourd’hui pour un nouveau consensus national".
Condamné à la prison à perpétuité
Né en 1892, ordonné prêtre en 1915, Joseph Mindszenty a été vicaire,
professeur de religion et journaliste. C’est du reste cette dernière activité qui lui valut de faire une première fois connaissance avec la prison
en 1919, durant la révolution communiste en Hongrie. Libéré, il exerça un
ministère en paroisse jusqu’en 1944, année de sa nomination comme évêque de
Veszprem. Pendant l’occupation allemande, il changea son nom de famille
(Pehm, d’origine germanique) pour adopter celui de son village natal, Csehmindszent, en signe de protestation contre la persécution des juifs
hongrois, dont il sauva un bon nombre.
Découvert, il fut incarcéré une nouvelle fois. Libéré en 1945, Pie XII
le nommait aussitôt archevêque d’Esztergom et primat de Hongrie. Arrêté le
26 décembre 1948, il fut condamné à la prison à perpétuité pour "haute trahison, atteinte à la sécurité de l’Etat et trafic de devises".
Il sera libéré 10 ans plus tard, lors du soulèvement de 1956, et trouvera refuge à la représentation diplomatique des Etats-Unis à Budapest lors
de l’intervention soviétique. A la suite de nombreuses concertations entre
le gouvernement hongrois et le Saint-Siège, il fut autorisé à quitter la
Hongrie en 1971. Après un bref séjour à Rome, il s’installa à Vienne, ou il
mourut en 1975, à l’âge de 83 ans. (apic/cip/jt/pr)