Vienne, 7juillet(APIC/cip) Mgr Joseph Cserhati, évêque de Pec et secrétaire de la Conférence des évêques hongrois, a affirmé en ce début de semaine que "la récente visite du pape en Autriche, pays à partir duquel il a
pu s’adresser aux catholiques hongrois, n’aura guère de résultats immédiats
pour le peuple hongrois, mais elle a toutefois montré aux chrétiens qu’ils
forment un corps et que, dans le dialogue avec les forces sociales de
Hongrie, ils portent une grande responsabilité face à l’avenir du pays".
Le secrétaire de la Conférence des évêques hongrois a tenu ses propos
devant un groupe de journalistes venus en Hongrie à l’invitation du
Ministère des Affaires étrangères, à l’occasion du 950e anniversaire de la
mort de saint Etienne, premier roi de Hongrie et fondateur de la nation.
Les journalistes ont ainsi pu se rendre compte de la situation de l’Eglise
dans le pays et de l’évolution en cours dans les rapports entre l’Eglise et
l’Etat.
Mgr Cserhati a pour l’immédiat exclu une visite du pape en Hongrie."Même
si Jean Paul II est très attendu ici, a-t-il dit, sa visite n’est pas à
l’ordre du jour. Du reste, les évêques du pays n’ont pas encore abordé ce
thème. Et aucune invitation allant dans ce sens a été adressée au Vatican.
Je pense que le pape accordera la priorité à un future voyage à Moscou".
Abordant ensuite les rapports entre l’Eglise et l’Etat en Hongrie, Mgr
Cserhati a déclaré que le peuple hongrois est aujourd’hui à la recherche
des "chemins de l’avenir" et de "nouveaux principes sociaux". Et d’interroger: " n’est-ce pas à saint Etienne à qui le peuple hongrois doit sa culture emprunte de christianisme"?
Quant aux réformes sociales, souhaitées par la grande majorité y compris
le parti communiste, selon Mgr Cserhati, "elles ne se feront pas sans une
collaboration indispensables de l’Eglise et de l’Etat". Et d’affirmer:
"Sans l’Eglise, et l’Etat le sait, les réformes sont impossibles".
Répondant à la question de savoir si l’Eglise catholique hongroise
n’avait pas fait trop de compromis avec le régime de Budapest au cours des
quatre dernières décennies, l’évêque de Pec a déclaré: "L’Eglise a dû
remplir sa mission dans les conditions politiques et sociales qui lui furent données". Du reste, ajoute-t-il, "c’est une erreur de vouloir juger le
marxisme en se plaçant unilatéralement sous le seul point de vue chrétien.
Le marxisme a aussi permis des progrès".
La collaboration avec le Gouvernement? "Ce qui importe, a observé
l’évêque, ce n’est pas que l’Eglise puisse obtenir beaucoup d’elle-même,
mais qu’elle prenne la défense de l’individu et de sa libérté dans
l’optique d’un renouveau de la société". "le socialisme, précise-t-il, a
été trop superficiel et a davantage misé sur l’homme inculte que sur
l’homme cultivé. A cet égard, il y a pas mal de retard à rattraper dans la
jeunesse actuelle".
En conclusion, a fait remarquer Mgr Cserhati, "ce serait une erreur politique considérable, de la part de l’Etat, que de vouloir la disparition
de l’Eglise. Le peuple hongrois est resté croyant". L’avenir? Mgr Caserhati
l’entrevoit avec optimisme. "Les rapports entre l’Eglise hongroise et
l’Etat, pris sous l’angle de l’évolution récente, ont contribué de maniére
décisive à renforcer l’humanisme et le pluralisme". Mais l’évêque pense
également au rôle de plus en plus grand des laïcs chrétiens au sein de
l’Eglise et de la société. Tout en misant aussi sur l’apport des communautés de base. "Elles sont l’avenir de l’Eglise dans le monde, elles tiennent le bon bout de la perestroïka", s’est-il exclamé. (apic/cip/pr)