Hongrie : les Eglises protestent contre le (280688)
La destruction planifiée d’une culture millénaire
Budapest, 28juin(APIC) Alors que l’opposition hongroise a rassemblé lundi
soir plusieurs milliers de personnes dans les rues de Budapest pour protester contre le projet du gouvernement Ceaucescu de détruire quelque 7’000
des 13’000 villages roumains, les Eglises ne restent pas inactives. Des
responsables d’Eglises de Hongrie tentent depuis quelque temps de sensibiliser l’opinion nationale et internationale à ce projet insensé "qui va
anéantir le trésor culturel d’une civilisation européenne millénaire".
Le gouvernement de Bucarest semble pour le moment rester sourd aux appels de la communauté internationale. Le pasteur sud-africain Allan Boesak,
président de l’Alliance réformée mondiale (ARM), dont le siège est à Genève, et son secrétaire général, le pasteur Edmond Perret, ont lancé à la
mi-juin un appel urgent au président roumain Nicolai Ceaucescu, affirmant
que son plan "ne peut que détruire le tissu social, violer les droits humains et civils et dépouiller des milliers de personnes de leurs traditions, de leur héritage culturel et de leur langue...". Rappelons que les citoyens roumains n’ont le droit de décider ni de leur métier ni de leur lieu
de résidence. Ils n’ont par conséquent pas de moyens légaux pour s’opposer
à la destruction de leurs maisons et de leurs communautés.
Une mesure qui frappe avant tout les minorités ethniques
Les plus touchés par ces mesures, avancent les Eglises, sont les nombreux groupes minoritaires qui vivent encore en Roumanie : les Hongrois,
les Allemands, les Ukrainiens, les Slaves méridionaux, les Tziganes. La minorité hongroise, qui compte près de 2 millions d’habitants, est la plus
affectée par ces mesures répressives. Les habitants des villages détruits
devraient être regroupés ces prochaines années dans un demi-millier
d’unités de production agro-industrielles gigantesques et être logés dans
des grands ensembles d’habitation.
Dans leur appel pressant, les six responsables de communautés religieuses et d’Eglises de Hongrie rappellent qu’il y a déjà plus de 10’000 réfugiés roumains d’origine hongroise actuellement dans le pays, en provenance
principalement de Transylvanie, et qu’il y a près de 2’000 enfants ou parents dont les familles sont séparées en raison de la situation. Les
responsables religieux hongrois craignent que ces déportations massives
vers des centres agro-industriels vont entraîner la destruction des églises, lieux de culte, cimetières et monuments historiques témoins d’une culture millénaire. (apic/kpr/be)