Hongrie: le nouveau chef de la propagande communiste (150788)
Vienne, 15juillet(APIC/CIP) Le nouveau chef de la section "propagande" du
Parti communiste hongrois, Janö Andics, s’est montré partisan d’un plus
grand espace de liberté pour l’activité de l’Eglise. C’est du moins ce
qu’il a récemment laissé entendre à Budapest, Hongrie, devant un groupe de
journalistes étrangers, en souhaitant de plus que puisse se poursuivre la
politique de consensus entre l’Etat et l’Eglise.
"L’Eglise peut être un partenaire et il est possible, avec elle, de parvenir sur plusieurs points à un commun dénominateur. En Hongrie, les Eglises ont leur place dans la construction de la société socialiste. Ce n’est
pas là le résultat d’un nouveau consensus, mais la poursuite de la politique actuelle", a déclaré Janö Andics au sujet de l’avenir de la collaboration entre l’Eglise et l’Etat. La religion, a-t-il poursuivi, "est une affaire privée. Si le parlement hongrois approuve le nouveau projet de loi
sur les associations, l’Eglise bénéficiera d’un plus large espace de liberté. Le monopole du parti n’en souffrira pas, car ce monopole ne vaut pas
pour le domaine privé".
Avant d’exercer sa fonction actuelle, le nouveau chef de la propagande
communiste hongroise n’avait pas de responsabilité politique particulière
au sein du parti. Il était professeur de sociologie. Ce qui lui a permis
d’observer "un peu partout un réveil religieux dans la société moderne, et
pas seulement dans les pays socialistes", devait-il affirmer.
Et Janö Andics de constater: "Tant à l’Est qu’à l’Ouest, on n’arrive pas
à assurer l’intégration sociale des gens, en particulier celle des jeunes.
Aux yeux du parti communiste hongrois, être membre du parti et être
chrétien sont deux choses "inconciliables", certes, mais cela ne signifie
nullement que chacun n’ait pas sa part à apporter à l’édification du socialisme. La collaboration doit être possible, elle est même souhaitable, indépendamment de ce que les uns et les autres peuvent ranger dans le domaine
privé".
On ne décrète pas la fin d’une religion
Que pense Janö Andics de la thèse marxiste selon laquelle la religion
est "l’opium du peuple"? "Karl Marx, répond-il, a formulé cette thèse dans
des circonstances qui étaient tout autre que celles d’aujourd’hui. De son
temps, la religion et l’Eglise revêtaient d’autres formes. Depuis, on s’est
rendu compte que la religion ne s’explique pas seulement par des facteurs
externes, mais aussi par des facteurs internes. Affirmer que la disparition
des facteurs externes de la religiosité va entraîner la disparition même de
la religion, c’est émettre un oracle de prophète, qui vaut peut-être pour
l’avenir mais pas pour le présent. On ne peut pas à terme abolir la religion", a-t-il conclu. (apic/cip/pr)