Hongrie : le ministre Pozsgai annonce une (240389)
Rome, 24mars(APIC/CIP) Le ministre d’Etat hongrois Imre Pozsgai vient
d’annoncer une révision officielle du procès du cardinal Jozsef Mindszenty,
ancien primat de Hongrie, mort en 1975. Il a communiqué personnellement au
pape, le 20 mars à Rome, la décision prise par le gouvernement de Budapest.
Mgr Mindszensty avait déjà fait une première fois connaissance avec la
prison en 1919, pendant la révolution communiste en Hongrie. Il était depuis un an archevêque d’Esztergom et primat de Hongrie lorsqu’il fut arrêté
le 26 décembre 1948, puis condamné le 3 février 1949 à la réclusion à
perpétuité pour "haute trahison, espionnage, atteinte à la sécurité de
l’Etat et trafic de devises". Libéré lors du soulèvement de 1956, le cardinal se réfugia à l’ambassade des Etats-Unis à Budapest, lorsque l’insurrection fut écrasée. Après de difficiles négociations entre le gouvernement
hongrois et le Saint-Siège, le primat fut autorisé à quitter la Hongrie le
28 septembre 1971 pour se rendre à Rome. De là il partit s’installer à
Vienne, ou il mourut le 6 mai 1975.
Le ministre Pozsgai, venu à Rome pour assister au 18e congrès du Parti
Communiste Italien, s’est expliqué sur la décision de son gouvernement au
cours d’une conférence de presse. La révision du procès du cardinal
Mindzsenty, demandée depuis de nombreuses années par les catholiques de
Hongrie, aura lieu en même temps que celle d’autres procès politiques
remontant aux années 1945 à 1962, y compris donc les procès à charge de
personnalités ecclésiastiques.
Le ministre Pozsgai, a également précisé qu’il avait informé le pape de
la nouvelle législation mise en place en Hongrie pour garantir la liberté
de conscience. L’Eglise catholique, a-t-il dit, sera amenée à jouer un rôle
plus important, vu qu’elle est la plus importante organisation religieuse
du pays.
Plus d’ingérence de l’Etat dans les affaires de l’Eglise
Sur les ondes du programme hongrois de Radio Vatican, le même ministre
d’Etat a encore précisé qu’en vertu de la nouvelle législation hongroise,
il n’y aurait plus d’ingérence de l’Etat dans les affaires de l’Eglise.
"Les relations actuelles entre l’Etat et l’Eglise, a-t-il déclaré, doivent
faire place à des rapports d’égal à égal, qui respectent l’autonomie, la
souveraineté et la législation interne et libre de l’Eglise. L’Etat désire
être un interlocuteur des institutions de l’Eglise et de ses fidèles, en
évitant une attitude paternaliste ou de supériorité". (apic/jt/bd)