Une conférence sur la situation des Eglises à l’Est
Budapest, 26février(APIC) Des critiques à l’égard du comportement "loyal"
de représentants de plusieurs dirigeants des Eglises catholique, évangélique et orthodoxe envers l’ancien régime communiste en Europe de l’Est ont
été émises au cours d’une conférence qui s’est tenue à Budapest du 22 au 25
février. Elle réunissait des personnalités religieuses de la plupart des
pays d’Europe de l’Est et d’Europe de l’Ouest.
Les participants ont critiqué l’attitude du mouvement de prêtres "Pacem
in terris", proche du régime, et de quelques évêques sympathisants en Tchécoslovaquie, mais aussi le comportement de la direction de l’Eglise orthodoxe en Roumanie. La loyauté envers le régime dictatorial peut motiver la
politique ecclésiale, mais une telle attitude ne correspond cependant pas à
l’Evangile et à la mission des responsables de l’Eglise, ont souligné les
les participants. On a reproché aux évêques concernés d’avoir gardé le
silence pendant que leurs confrères étaient persécutés pour l’exercice
d’activités religieuses.
La Conférence, organisée par la Commission oecuménique pour les droits
de l’homme "Christian Solidarity International" (CSI), a permis à des personnalités de l’Eglise de Hongrie, de Roumanie, de Pologne, de Tchécoslovaquie, d’Allemagne de l’Est et de Lettonie de s’exprimer sur les récents développements dans leurs pays qui - ils l’ont constaté presque à l’unanimité
- étaient assez obscurs. Il manque surtout des "perspectives", des idées
claires et des concepts démocratiques. Dans plusieurs pays d’Europe de
l’Est les Eglises sont très impliquées dans les tensions nationales, ce qui
a conduit de diverses façons à des conflits entre les Eglises chrétiennes.
Les participants à la conférence ont rencontré des représentants de partis hongrois alternatifs. Ils ont entendu le Père György Bulanyi, père spirituel de la communauté de base "Bokor" ainsi que le pasteur Geza Nemeth.
Pour CSI, la tâche de l’Eglise dans les pays de l’Est est de consolider
les bases éthiques de la société en s’appuyant sur l’image chrétienne de
l’homme afin de contribuer à un libre développement démocratique. Les Eglises chrétiennes ne doivent pas s’engager dans la politique, mais prendre en
charge les domaines social et caritatif. De l’avis de représentants de CSI,
le temps n’est pas encore arrivé d’implanter leur oeuvre dans les pays de
l’Est. (apic/kpr/cor)