Hongrie : l’Eglise veut rester indépendante des partis politiques (050290)
Budapest, 5février(APIC) Les évêques catholiques de Hongrie ont souligné,
dans une déclaration intitulée "La participation des chrétiens au renouveau
de la société", un document de dix pages publié samedi à Budapest, "que
l’Eglise comme institution veut rester indépendante à l’égard des partis
politiques". Les évêques affirment clairement : "l’Eglise respecte l’autonomie de l’Etat, mais elle attend du pouvoir politique qu’il respecte aussi
l’autonomie de l’Eglise et lui assure les conditions nécessaires à l’accomplissement de sa mission reçue du Christ".
L’Eglise catholique hongroise veut, selon la déclaration des évêques,
être "levain, âme et conscience d’une société qui se renouvelle". Elle se
présente comme le défenseur de la vie humaine et de la justice sociale et
elle est prête à s’engager en faveur des pauvres, des isolés et des personnes âgées ainsi que de la vie naissante et des minorités. Les évêques appellent les croyants à collaborer activement et "avec la conscience de
leurs responsabilités" à la construction de l’avenir et de défendre "des
principes chrétiens" dans le public.
La déclaration souligne le droit des citoyens à désigner leurs représentants politiques lors d’élections libres et de décider du destin politique
de leur pays. "Nous espérons sincèrement que les responsables de la vie publique mettront leurs forces au service de la nation et du peuple et qu’ils
ne poursuivront pas des privilèges personnels ou de groupe", déclarent les
évêques. Les "dégâts humains et éthiques" des dernières décennies ne pourront être éliminés que "si la nouvelle et vraie démocratie se construit sur
l’humanité et a pour fondement des valeurs solides". La nouvelle liberté
doit servir "au plein épanouissement de la vie humaine" et ne pas devenir
"source de nouvelles dictatures".
Plus de mandats politiques pour les prêtres
Dans leur déclaration, les évêques hongrois soulignent que l’activité
publique et politique est partie intégrante du service du bien commun; en
même temps, se référant au droit canon, ils attirent l’attention sur le
fait que "la participation à l’exercice du pouvoir public" est interdite au
clergé. En effet, par le passé plusieurs ecclésiastiques du Mouvement des
prêtres pour la paix ont exercé des mandats au Parlement.
A l’avenir aucun prêtre catholique en Hongrie ne pourra être député au
Parlement ou "conseiller membre des autorités locales". C’est uniquement
"l’affaire des laïcs", que les évêques encouragent à s’engager "avec désintéressement" dans la vie politique au service de la communauté nationale.
Chaque croyant, "connaissant la doctrine chrétienne", doit décider lui-même s’il veut entrer dans un parti politique et lequel il désiure soutenir.
Les évêques demandent aux catholiques hongrois de n’adhérer qu’aux partis
"qui servent sincèrement le bien commun, assurent à l’Eglise une activité
libre et efficace, défendent sans restriction les valeurs morales, la
justice, la liberté et la dignité de la personne humaine"
Dans ce contexte, la déclaration rend attentif au fait que certains
partis politiques ne défendent qu’en apparence la morale chrétienne et ne
proclament les principes chrétiens que dans l’intérêt de leurs buts
politiques. L’Eglise salue "avec joie" l’engagement des catholiques dans
les partis politiques qui s’orientent dans leurs programmes selon "une image biblique de l’homme".
Bilan et perspectives pour l’Eglise de Hongrie
Dans leur déclaration, les évêques relèvent que depuis un millier d’années l’Eglise catholique de Hongrie "a servi fidèlement la vie de notre nation". Dans les dernières décennies on l’avait empêchée de faire entendre
publiquement sa voix dans "des questions de société qui avaient du poids".
Cependant elle a aussi joué à cette époque "un rôle important", étant "la
gardienne de la dignité de la personne et des valeurs et vérités éternelles". Si la Hongrie "s’engage maintenant sur le chemin de l’Etat de droit
démocratique", l’Eglise remplira "sa tâche prophétique sur la base de
l’Evangile" et à côté de directives et d’évaluations fondamentales, elle
donnera "des points de repère pratiques dans les questions concrètes".
(apic/kpr/slc/cor)