"Les gens savent peu de choses sur l’Eglise", affirme Mgr Seregely
Rome, 30décembre(APIC) "Il faudra beaucoup de temps pour que l’Eglise
fasse accepter son Magistère, sa manière d’envisager l’existence et son ordre moral", a observé dans un interview accordée vendredi à Radio Vatican
Mgr Istvan Seregely, archevêque d’Eger et président de la Conférence épiscopale hongroise.
Mgr Seregely a évoqué les conséquences de décennies de régime communiste
pour l’Eglise dans son pays: "Les gens savent peu de choses de l’Eglise,
ils en savent encore moins du Magistère et de la vie chrétienne. La difficulté réside dans le fait que tout ce que savent les gens est basé sur des
idées déformées. En fait, durant les quarante dernières années s’est formée
dans leur âme une image déformée des phénomènes politiques, économiques et
sociaux, nourrie de thèses marxistes sur l’Eglise. Les conséquences de tout
cela sont visibles naturellement aussi dans la vie morale".
Le président de la Conférence épiscopale hongroise a observé qu’en ce
qui concerne la catéchèse, l’Eglise de son pays rencontre une résistance de
la part des adultes, qui s’excusent en disant: "Nous avons été éduqués ainsi et nous resterons ainsi". Mgr Seregely a expliqué qu’on a affaire dans
ces cas-là à l’"homo sovieticus, qui ne réussit à changer son point de vue
ni sur la vie humaine, ni sur les principes moraux, ni sur l’avenir".
A propos de la préparation de la visite de Jean Paul II en Hongrie en
août 1991, le prélat de 59 ans a relevé que l’Eglise essaie de réveiller la
sensibilité chrétienne hongroise, qui durant quarante ans de régime
communiste a vécu dans l’indifférence. (apic/jt/cor)