Hongrie: débat législatif sur l’avortement (120892)
Budapest, 12août(APIC) La Conférence des évêques de Hongrie, dans un appel adressé aux parlementaires hongrois, réclame une législation qui garantisse sans restriction la protection de la vie de l’embryon humain. Un nouveau projet de loi sur l’avortement devrait être traité cette année encore
par le Parlement de Budapest.
"Le droit à la vie fait partie des droits fondamentaux de l’être humain", écrivent les évêques. Comme il s’agit, "dès le premier instant",
pour l’embryon d’une vie humaine autonome, protéger cette vie est un devoir
moral pour la société, expliquent les évêques hongrois. Cette obligation
demeure, indépendamment de toute idéologie, soulignent-ils.
Les évêques appellent en outre tous les catholiques à une prière
persévérante pour que le législateur prépare une loi orientée d’après les
valeurs morales et qui prenne en compte les droits fondamentaux de la personne.
90’000 avortements par an en Hongrie
La prise de position des évêques est accompagnée d’une lettre pastorale
du primat de Hongrie, le cardinal Laszlo Paskai, archevêque d’Esztergom. Le
cardinal déplore le fait que l’interruption volontaire de grossesse soit
aujourd’hui considérée par beaucoup comme moralement acceptable. Beaucoup
de pays acceptent l’avortement. "Malheureusement dans notre pays, la législation en vigueur est l’une des plus libérales qui soit. Elle permet l’interruption de grossesse dans tous les cas sur demande de la mère", remarque
le primat. Ces dernières années, il y a eu ainsi en Hongrie quelque 90’000
avortements par an et pour 100 naissances, on compte 75 avortements.
La société hongroise est pluraliste reconnaît, Mgr Paskai. Cela signifie
que des hommes ayant des idéologies différentes vivent ensemble et doivent
se tolérer mutuellement. Mais le pluralisme atteint ses limites lorsque la
société agresse la vie humaine, estime le cardinal. Par conséquent, les
droits fondamentaux de l’homme, dont le droit à la vie, ne peuvent légitimement être remis en question par un vote parlementaire.
La Conférence des évêques se déclare consciente que sa déclaration sur
la protection de la vie de l’embryon va susciter des mécontentements, des
contradictions et même de la résistance de la part de beaucoup, écrit Mgr
Paskai. "Mais à cause de notre responsabilité devant Dieu et devant les
hommes, elle doit prendre cette position". Les évêques prient tous ceux qui
ont un point de vue différent de réfléchir avec beaucoup de respect à la
valeur de la vie à naître. "La dévaluation de la vie de l’embryon signifie
une dévaluation générale de la vie, ce qui a des conséquences morales très
graves sur le plan individuel comme sur le plan de la société."
Mgr Paskai signale aussi le respect de la liberté de conscience des médecins que le législateur doit aussi protéger. Actuellement, le médecin
qui, pour des raisons de conscience, serait tenté de refuser de pratiquer
un avortement, subit une discrimination. Le cardinal appelle les médecins à
se laisser guider dans le domaine de la protection de la vie par des principes éthiques et à ne pas devenir des destructeurs de la vie.
Enfin, le primat invite fermement tous les catholiques, dans la question
de l’avortement, à ne pas se laisser guider par un point de vue humain
égoïste. Ils doivent avoir conscience qu’ils devront rendre compte à Dieu
de leurs actions. Cette responsabilité persiste même lorsque les lois de
l’Etat permettent l’avortement, conclut le primat de Hongrie. (apic/kpr/mp)