Hongrie : Assemblée protestante européenne de Budapest (270392)
Budapest, 27 mars(APIC) Les protestants veulent reprendre sans complexe
l’action d’évangélisation en Europe de l’Est qu’ils ont eue dans le passé.
Réunis dans la capitale hongroise Budapest du 24 au 30 mars sur le thème de
la responsabilité chrétienne pour l’Europe, les quelque 200 délégués des
Eglises protestantes européennes ont poursuivi leurs travaux sur la sécularisation de l’Europe. Jeudi soir, le métropolite Damaskinos, directeur du
Centre oecuménique de Chambésy (GE), a reproché à certains milieux de
l’Eglise catholique romaine et à certaines communautés protestantes de considérer des régions traditionnellement orthodoxes comme "des territoires de
mission".
Le représentant du Patriarcat oecuménique de Constantinople a souligné
qu’avec la chute du communisme en Europe de l’Est, on s’était attendu à
plus de disponibilité au dialogue oecuménique de la part des Eglises de
l’Ouest. Il a rappelé que certains milieux au sein de l’Eglise catholique
romaine ont posé des actes totalement contraires à l’esprit du dialogue et
de l’amour. Le métropolite Damaskinos a tenu à souligner que les pays concernés étaient des territoires où l’Evangile est prêché depuis des siècles
et dans lesquels les fidèles ont souvent offert jusqu’à leur vie en raison
de leur foi au Christ. Le métropolite Damaskinos a salué le document préparatoire à la rencontre protestante de Budapest, parce qu’il est imprégné
d’ouverture au dialogue et considère comme très importantes les relations
avec les orthodoxes.
L’évêque roumain Laszlo Tökes dénonce le gouvernement d’Iliescu
L’évêque réformé roumain d’origine hongroise Laszlo Tökes, le "héros de
Timisoara", a à nouveau dénoncé le régime du président Ion Iliescu - qui
continue d’intimider les opposants, même si la persécution est plus subtile
qu’au temps de Ceaucescu - et mis en garde contre le risque d’une guerre
civile à la yougoslave opposant la population roumaine à la minorité hongroise. L’évêque d’Oradea a affirmé recevoir des menaces de mort dans son
pays et sa tête aurait été mise à prix pour 150’000 dollars. Laszlo Tökes
était d’ailleurs accompagné de deux gardes de sécurité, et il se déplace
dans la capitale hongroise en voiture blindée. Il a demandé aux délégués
des Eglises protestantes d’Europe de s’engager pour une protection légale
des minorités.
Intervenant devant l’assemblée, le professeur Gammelhoft-Hansen, de
l’Eglise luthérienne multitudiniste du Danemark, s’est opposée à ce que
l’Eglise devienne "une enclave du dimanche" et prenne ses distances de la
vie quotidienne. Elle doit agir dans la réalité du monde, avoir une "visibilité sociale" dans la société sécularisée, ce qui doit aboutir à des actions précises en faveur de minorités comme les drogués ou les réfugiés.
Dans l’avenir, le besoin grandira de demander aux Eglises d’être une sorte
de conscience face aux problèmes écologiques et au tiers monde, un
contrepoids à la xénophobie, au nationalisme...
Cette vision d’Eglise, fière d’elle-même, qui se montre à travers ses
institutions sociales concrètes, par une diaconie militante, est également
celle pour laquelle plaide l’évêque Kalman Csiha, de l’Eglise réformée de
Cluj, en Roumanie. Il a cependant souligné que les Eglises ne devaient pas
confondre l’Evangile avec la politique sociale ou les problèmes
d’actualité. Elles oublient ainsi que là n’est pas leur spécificité :
"L’important n’est pas ce que dit la société sécularisée, mais ce que Dieu
dit". (apic/kpr/spp/be)