Hongrie: Adieu aux thèses du parti communiste sur la religion (070889)
Budapest, 7août(APIC) Le parti communiste hongrois a définitivement dit
adieu aux thèses marxistes en vigueur selon lesquelles la religion disparaîtra d’elle-même dans une société socialiste. "Le parti considère la religiosité comme une apparition qui se reproduit toujours dans la réalité
sociale", peut-on lire dans une prise de position concernant les rapports
du parti avec la religion et les églises publiée ce week-end dans "Nepszabadsag", organe du parti communiste hongrois. Cette déclaration du Comité
central du PC hongrois avait été adoptée fin juillet lors de la session
plénière du Comité central.
Le parti communiste hongrois n’a cependant aucune envie de jeter son
idéologie aux oubliettes, mais il aspire à un développement "créatif" du
marxisme. Il tient cependant à "faire montre de tolérance envers tous ceux
qui se reconnaissent dans d’autres visions du monde", peut-on encore lire
dans "Nepszabadsag". Par conséquent, il n’y aura plus d’exigences idéologiques pour devenir membre du parti et les restrictions qui interdisaient aux
membres du PC de participer à des activités religieuses notamment d’avoir
recours à des services religieux, doivent être abolies. Ces principes doivent être inscrits dans les nouveaux statuts du parti, poursuit le communiqué du Comité central.
Séparation de l’Eglise et de l’Etat
La nouvelle loi sur la liberté de conscience et la liberté religieuse en
préparation "doit garantir à chacun la liberté de conscience et la liberté
de pratiquer une religion", affirme encore "Nepszabadsag", ce qui doit permettre à chaque citoyen et à chaque organisation - dont les Eglises - la
libre propagation de leurs différentes visions du monde. "Pour que soit assurée la liberté de conscience, Eglise et Etat doivent être séparés", souligne le Comité central et les Eglises ne doivent exercer aucune fonction
étatique.
Bien au contraire, leur indépendance et autonomie doivent être reconnues
par l’Etat, et dans la loi sur la liberté religieuse, la personnalité juridique doit également être reconnue aux Eglises. Le Comité central du parti
affirme encore que le droit des parents à décider eux-mêmes de l’éducation
philosophique de leurs enfants doit être assuré. Le projet de loi doit être
discuté dans le public avant d’être soumis au parlement. (apic/kpr/be)