Hong-Kong: vers une normalisation des (221090)
Des rumeurs... et des contradictions
Rome, 22octobre(APIC) Le remplacement de l’ambassadeur actuel de Taïwan
près le Saint-Siège, Chow Shu-Kai, qui prendra prochainement sa retraite,
par un diplomate qui pourrait, selon des sources vaticanes citées par
l’agence UCAN de Hong-Kong, ne plus avoir le rang d’ambassadeur, ne manque
pas d’alimenter certaines rumeurs. Des rumeurs qui courent depuis plusieurs
semaines sur une éventuelle normalisation diplomatique entre Beijing (Pékin) et le Vatican.
L’actuel ambassadeur, un catholique âgé de 77 ans, est en poste à Rome
depuis 1978. L’éventeul changement de statut de l’ambassadeur de Taïwan
près le Saint-Siège serait dû à la volonté des autorités romaines qui ne
tiennent pas à attirer l’attention sur leurs relations avec Taipei au moment où une normalisation avec la Chine pourrait être amorcée.
Selon le journal chinois de Hong-Kong "Mingbao", Beijing et le Vatican
seraient de plus arrivés à un accord sur la nomination des évêques. La dernière directive du Vatican que l’on connaisse à propos de la nomination des
évêques était destinée à l’Eglise "clandestine" de Chine. Elle est communément appelée "les huit points".
Le "Kung Kao Po", hebdomadaire catholique de Hong-Kong, en donne un résumé dans son édition du 7 septembre dernier: "Dans un diocèse où il y a
déjà un évêque "clandestin", il n’est pas permis d’en choisir un autre, même si l’évêque en charge est en prison ou en résidence surveillée... Dans
un diocèse où il y a un évêque "officiel", il faut se mettre en relation
avec lui avant de consacrer un évêque "clandestin". Si cet évêque "officiel" déclare vouloir être en communion avec Rome, il n’est pas possible de
choisir un autre évêque "clandestin"... Le représentant du Vatican à HongKong demande aux prêtres fidèles qui se rendent sur le continent d’y porter
ces directives et de les transmettre à l’Eglise du continent, parce que
certains catholiques "clandestins" ne sont pas au courant de ces nouvelles
directives et se dressent encore contre le clergé de l’Association patriotique..." Cette directive date en réalité du mois de mai 1988.
Nouvelle politique religieuse en Chine?
Les rumeurs au sujet d’une éventuelle normalisation diplomatique entre
Beijing et le Vatican sont cependant contredites par les affirmations rapportées par une autre sources généralement bien informée de Hong-Kong selon
laquelle le gouvernement chinois serait en passe de réviser la législation
concernant les religions. Le nouveau texte, guère avantageux pour les Eglises, remplacerait le document no 19 de 1982 qui sert de base à la politique
religieuse depuis moins de dix ans.
Les mêmes sources rapportent qu’une importante réunion aurait eu lieu au
mois de juin dernier, sous le patronage du Front uni, entre les responsables du Bureau des Affaires religieuses et les principaux dirigeants religieux. Il s’agissait pour le gouvernement de s’assurer de leur soutien à sa
proposition d’exercer un contrôle encore plus sévère sur les organisations
religieuses. La motion de clôture de la réunion reflétait la ligne dure.
Distribuée ensuite aux différents bureaux et comités provinciaux, cette motion a suscité une telle opposition de la part d’un grand nombre de dirigeants religieux que le gouvernement a été obligé d’annuler une Conférence
nationale des religions prévue à Beijing en juillet pour officialiser la
proposition de loi.
La répression exercée ces derniers mois à l’encontre d’un certain nombre
d’Eglises "domestiques" et des milieux catholiques "clandestins" renforce
le sentiment que le gouvernement chinois s’apprête à réviser sa politique
religieuse dans le sens d’un durcissement. (apic/ea/pr)