Honduras: Progression alarmante du trafic d’enfants (080791)
Tegucigalpa/Bonn, 8juillet(APIC) Les évêques latino-américains tirent la
sonnette d’alarme : le trafic d’enfants bat son plein dans le sous-continent. C’est au Honduras, l’un des pays les plus pauvres de la planète, et
au Pérou, que le "commerce" des bébés, aux mains d’agences spécialisées,
est le plus florissant. Ce trafic concerne avant tout des adoptions illégales et des "achats" d’enfants en vue de prélever des organes pour les
transplantations, signale la Centrale missionnaire franciscaine à Bonn.
Le nouveau président du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), Mgr
Nicolas de Jesus Lopez Rodriguez, archevêque de Saint-Domingue, a déclaré
que l’Eglise catholique va suivre toutes les plaintes concernant le trafic
d’enfants en vue d’adoptions illégales ou de transplantations d’organes.
Selon le CELAM, les témoignages sur ce commerce ne sont pas jusqu’à présent
suffisamment étayés.
Des enfants tués pour des "dons" d’organes
L’évêque de Chimbote, au Pérou, Mgr Luis Armando Bambaren Gastelumendi,
n’hésite pas à affirmer que des enfants pauvres et handicapés sont tués
pour des "dons" d’organes dans le cadre de transplantations. Le religieux
jésuite affirme que cette tendance, encore faible, est cependant en augmentation. L’évêque de Chimbote relève encore que 80 % des adoptions d’enfants
péruviens se font en faveur de parents étrangers et qu’elles sont pour la
plupart illégales au regard du droit péruvien. "Nous devons déterminer
quelle est la destination finale de ces enfants", lance-t-il.
Le Honduras a pris la relève de la Corée du Sud comme premier pays pour
l’"exportation" d’enfants. Avec son taux élevé de naissances et sa mortalité infantile très élevée, il fait partie des plus importants pays du tiers
monde fournisseurs d’enfants pour les Etats-Unis. Dans ce petit pays d’Amérique centrale, une femme sur deux doit élever seule ses enfants et un gosse sur dix meurt avant d’avoir atteint l’âge de cinq ans. Dès qu’ils peuvent porter une charge ou qu’ils savent compter, les enfants sont envoyés
au travail. Pour de nombreuses mères, donner un ou plusieurs enfants en
adoption est le dernier recours pour que la famille puisse survivre.
Comme ce commerce passe par des agences privées, un enfant adoptif coûte
entre 1’000 et 10’000 dollars à ses futurs parents. Le Ministère des affaires sociales du Honduras doit donner son accord pour chaque adoption, mais
c’est extrêmement rare qu’il le refuse. Selon la juge Teodelina Pineda de
Aguilar, ce sont les mères des enfants adoptés qui touchent le moins d’argent dans cette affaire, contrairement à certains avocats qui occupent des
"navigateurs" chargés de repérer les femmes enceintes dans les quartiers
pauvres et de leur offrir de l’"aide". (apic/md/be)