Honduras: les Eglises fondamentalistes (130189)
Tegucigalpa, 13janvier(APIC) Plusieurs syndicats, associations professionnelles, groupes de paysans et organisations des droits de l’homme ont
exprimé leur solidarité avec l’Eglise catholique du Honduras devant la
pénétration massive dans ce pays d’Eglises fondamentalistes des Etats-Unis.
Dans une lettre adressée au président de la Conférence épiscopale et archevêque de Tegucigalpa, Mgr Hector Enrique Santos, ces derniers dénoncent
vigoureusement l’"oeuvre pastorale" accomplie par ces sectes au détriment
de l’Eglise catholique. L’archevêque avait lui-même déclaré publiquement
que les sectes fondamentalistes des Etats-Unis font tout ce qu’elles peuvent pour détruire le fondement de la foi catholique. Il avait en outre indiqué qu’il existe une progression des sectes fondamentalistes. Affirmation
que reprennent à leur compte les signataires de la lettre de protestation
envoyée à l’archevêque: "La progression des sectes fondamentalistes fait
partie du processus d’intervention dans notre pays, que nous condamnons
également, non seulement pour leurs doctrines religieuses, mais aussi pour
le contenu politique de leurs prédications", peut-on lire.
Cette lettre cite en outre l’exemple de la campagne de propagande lancée
l’an dernier par le prédicateur télévangéliste Jimmy Swaggart qui a dévoilé
un plan de domination politique et culturelle des enfants, des jeunes et
des adultes du tiers-monde. Jimmy Swaggart s’était rendu au Honduras peu
avant d’être impliqué dans une affaire de moeurs aux Etats-Unis; ses programmes sont néanmoins toujours transmis tous les dimanches et également en
semaine sur les chaînes locales de la télévision. Les protestataires dénoncent aussi les investissements de ces sectes qui engendrent la dépendance
et le paternalisme, auxquels l’Eglise catholique hondurienne n’a cessé de
s’opposer.
Selon une étude effectuée par le centre de documentation du Honduras,
bureau de recherche privé, il existe une centaine de sectes fondamentalistes qui ont fait leur apparition dans le pays dès 1980, c’est-à-dire quelques temps à peine après le triomphe de la révolution au Nicaragua. L’étude
constate que cette coïncidence n’est pas fortuite, et que la présence au
Honduras de groupes armés anti-sandinistes (contras) a également servi à
renforcer la présence de ces sectes fondamentalistes.
Les auteurs de la lettre de soutien à l’Eglise catholique du Honduras
critiquent de plus l’attitude complice de hauts fonctionnaires et de militaires qui, dans l’exercice de leurs fonctions, facilitent l’oeuvre de prosélytisme de ces sectes. Selon certains observateurs, le mouvement des
"Hommes d’affaires chrétiens" a remplacé "l’Association pour le progrès"
qui, entre 1982 et 1984 pour le moins, avait des liens avec la secte moon.
(apic/spi/pr)