Pour la première fois, un pays est condamné pour une "disparition"
San José de Costa Rica, 9août(APIC) Pour la première fois, un pays s’est
vu condamné pour une "disparition. Par une sentence sans précédent, la Cour
Interaméricaine des Droits de l’Homme a en effet condamné le Honduras pour
"disparition d’un membre de l’opposition", en obligeant ce pays à payer une
indemnité à la famille du disparu.
La Cour, qui est un organe de l’organisation des Etats américains, s’est
appuyée avant tout sur le témoignage d’un soldat déserteur, Florencio Caballero. Selon celui-ci, le dirigeant estudiantin Angel Manfredo Velasquez,
père de quatre enfants, enlevé le 12 septembre 1981 dans le centre de Tegucigalpa par des agents des services secrets du Honduras, a été torturé puis
assassiné. Au moment de son enlèvement, le dirigeant estudiantin avait 35
ans.
La façon d’agir de ces escadrons de la mort était toujours la même. Des
agents en armes kidnappaient en plein jour des politiciens de l’oppostion ,
et les emmenaient dans des voitures aux vitres sombres et sans plaques
minéralogiques. Au moment ou s’ouvrait le procès, à San José de Costa Rica,
les membres des escadrons de la mort avaient proféré les pires menaces contre les témoins.
L’indemnité à verser à la famille du disparu devrait en principe être
fixée d’entente entre le gouvernement et l’avocat de celle-ci. A défaut, la
Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme fixera elle-même le montant. Peu
après le jugement, José Azcona, président du Honduras, a déclaré que son
pays respecterait cette décision. Un verdict que les représentants des organisations de défense des Droits de l’Homme ont qualifié de "moment historique". On estime à 120.000 le nombre de disparus en Amérique latine pendant ces quinze dernières années.
La situation reste cependant toujours aussi confuse au Honduras, en
dépit de l’avertissement. Des attaques et menaces contre des personnalités
connues pour leur engagement en faveur des Droits de l’Homme se multiplient. Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, les
militaires honduriens ont enlevé le 27 juillet un réfugié salvadorien. Son
cadavre a été retrouvé mutilé plusieurs heures après, non loin du camp ou
il avait été enlevé. (apic/soe/pr)