Harare: une conférence oecuménique internationale (051288)
Harare, 5décembre(APIC) Une Conférence oecuménique internationale, réunie
fin novembre à Harare, au Zimbabwe, a réclamé l’application d’une vaste
série de mesures destinées à aider les voisins de l’Afrique du Sud. Elle a
invité à contrecarrer les effets néfastes de la politique sud-africaine,
dont ces pays sont victimes. Cette conférence, rassemblée sous le Thème
"Les Eglises solidaires des Etats de la ligne de front", était organisée
par le Conseil oecuménique des Eglises (COE). Les six Etats de la ligne de
front sont la Tanzanie, le Botswana, la Zambie, le Zimbabwe, l’Angola et le
Mozambique. Quelque 35 délégations internationales y participaient, dont
celle de la Suisse.
Un document de deux pages, publié à l’issue de la conférence, exhorte
"tous les gouvernements à apporter non seulement leur assistance économique
à ces Etats", mais aussi à "leur donner les moyens dont ils peuvent avoir
besoin pour mener à bien leur tâche légitime qui est de se défendre contre
la déstabilisation et l’agression venues de l’extérieur".
Le document voit dans l’apartheid en Afrique du Sud "le système malfaisant qui continue à causer un tort incalculable et à perturber la vie économique et le bien-être des habitants de cette région". Les participants à
la conférence, indique le document, vont "mener une campagne énergique pour
une application efficace de sanctions globales contre le pays de
l’apartheid, en particulier dans le domaine des finances et des banques, du
pétrole et des armements".
Les participants ont également exprimé leur profonde préoccupation devant "la violation continuelle de l’embargo contre l’Afrique du Sud décidé
par les Nations Unies sur les livraisons d’armes, violation qui a permis à
Pretoria de mener sa campagne massive et brutale de terreur contre les
Etats de la ligne de front". La Conférence a en outre réclamé la mise en
application des résolutions adoptées par une conférence tenue sous les auspices du COE en mai 1987 à Lusaka, en Zambie. Elle insiste plus particulièrement sur les recommandations appelant à réduire la dépendance économique des Etats de la ligne de front et de trois autres pays de la région le Lesotho, le Swaziland et le Malawi - à l’égard de l’Afrique du Sud.
Pour l’indépendance de la Namibie
La Conférence s’est également penchée sur les accords entre l’Afrique du
Sud, l’Angola, Cuba et les Etats-Unis sur l’indépendance de la Namibie. Elle demande notamment aux parties concernées "de se conformer aux termes de
l’accord dans l’espoir que la paix et la prospérité seront rétablies en Angola, et l’indépendance et la dignité rendues à la Namibie". Une déclaration séparée a en outre été adressée au secrétaire général des Nations Unies,
Javier Perez de Cuellar. Il lui est notamment demandé "de tout faire ce qui
est en son pouvoir pour que la Namibie, une fois indépendante, ne soit pas
contrainte d’endosser les dettes résultant du contrôle sud-africain sur son
territoire, et qu’elle reçoive une juste compensation pour les ressources
naturelles dont l’Afrique du Sud l’a dépouillée". Au terme de la conférence, les participants ont encore entendu des témoignages sur les atrocités
commises par les agents de l’apartheid. (apic/soepi/pr)