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    Hans Küng et la "Déclaration de Cologne" (080289)

    "Les signataires ne sont pas des fauteurs de division"

    Rome, 8février(APIC/CIP) Les 163 théologiens allemands, autrichiens,

    suisses et néerlandais signataires de la "Déclaration de Cologne" ne nourrissent aucun ressentiment à l’égard de Rome : c’est ce qu’affirme le théologien suisse Hans Küng, professeur à l’Université de Tübingen (RFA), dans

    une interview au quotidien italien "La Repubblica". Il précise que, pour ce

    qui le concerne, c’est à Rome qu’il a reçu sa formation et que, dans tous

    ses livres, il s’est toujours prononcé en faveur de la primauté pastorale

    du pape. "Je pense, ajoute-t-il, avoir contribué à la crédibilité du pape

    dans le milieu oecuménique plus que tout autre théologien".

    Si la Déclaration a été publiée en Allemagne, c’est parce que, dit-il,

    "ici, nous avons la possibilité de parler. En Italie, il serait très

    difficile à des théologiens de publier une déclaration analogue...Le fait

    est que notre théologie est solide...Si mes collègues prennent la parole,

    c’est parce qu’ils jouissent d’une grande autorité scientifique et parce

    qu’ils parlent à bon escient".

    C’est au pape que revient la tâche de promouvoir l’unité de l’Eglise,

    déclare encore le théologien, "une unité aujourd’hui mise à mal par le Vatican", qui "provoque des polarisations". Hans Küng s’insurge à ce sujet

    contre le propos du directeur de la salle de presse du Saint-Siège, qui

    parlait d’une affaire "d’importance locale" : 25 théologiens espagnols ont

    adhéré à la "Déclaration de Cologne", et la situation est grave également

    aux Etats-Unis. "On n’a jamais vu, comme ce fut le cas lors du dernier

    voyage du pape, quatre évêques exposer au pape, au nom de l’épiscopat, tous

    les griefs de l’Eglise américaine". La contestation a également gagné

    l’Eglise africaine, ajoute le théologien, à ceci près qu’on évite d’en faire état publiquement.

    Fauteurs de division, les 163 signataires de la "Déclaration de Cologne"? Hans Küng, auquel on a par ailleurs reproché son "agressivité",

    rappelle que les chanoines de Cologne, "que l’on ne peut certes taxer de

    progressisme", ont eux aussi protesté contre le fait qu’un évêque leur a

    été imposé; qu’en Suisse, sa patrie, on a nommé un évêque qu’aucune paroisse ne veut inviter; que cela risque de se produire à Feldkirch (Autriche),

    ou Rome a imposé sur le siège épiscopal le responsable de l’Opus Dei dans

    ce pays.

    Enfin, sur la question de la contraception, Hans Küng se dit convaincu

    que la majorité des professeurs de théologie morale catholique "sont d’avis

    qu’il n’est pas possible de fonder une telle interdiction sur les Ecritures

    et la grande Tradition". Il observe aussi que les réticences à l’enseignement du pape en la matière ne sont pas nouvelles : au lendemain de la

    publication de l’encyclique "Humanae Vitae" de Paul VI, divers épiscopats

    ont reconnu le rôle de la conscience dûment éclairée comme règle pratique

    ultime. "Comment auraient-ils pu le faire si cette interdiction était

    fondée sur l’Ecriture ?", interroge encore Hans Küng. (apic/cip/jt//bd)

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