Hanovre : fin de la session du Comité central du COE (210888)
Genève/Hanovre, 21août(APIC) Le "processus conciliaire pour la paix, la
justice et la sauvegarde de la création" a été au centre des débats du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE), dont les travaux se
sont achevés samedi à Hanovre, en Basse-Saxe. La rencontre de Hanovre, qui
a réuni pendant dix jours quelque 150 représentants de 307 Eglises membres
du COE (400 millions de fidèles, essentiellement protestants, orthodoxes et
anglicans), a également été l’occasion de fêter le 40ème anniversaire de
cette "communauté fraternelle d’Eglises", comme le COE se définit lui-même.
Samedi, au cours de la séance finale de ce Comité central, c’est la décennie oecuménique "Les Eglises solidaires des femmes" et la participation
des jeunes aux instances dirigeantes du COE qui ont suscité de vifs débats.
Au cours de la discussion du rapport du Comité de l’Unité de travail "Education et Renouveau", le théologien orthodoxe Georges Tsetsis, de Genève,
délégué du Patriarcat oecuménique, a critiqué le fait que l’on mettait en
question le langage du Nouveau Testament. Ainsi, à l’occasion de cérémonies
religieuses, on n’aurait pas mentionné "Dieu le Père". Le théologien grecorthodoxe a mis en garde contre les risques de "nouvelles hérésies". La
décennie oecuménique de solidarité avec les femmes ne devrait pas être une
décennie durant laquelle le COE se détruit, a-t-il souligné.
Plusieurs délégués orthodoxes ont soutenu G. Tetsis. Le métropolite
grec-orthodoxe Chrysostomos d’Athènes a déclaré que si "la destruction du
langage biblique" persistait, cela pourrait remettre en question la participation de son Eglise au COE. D’autres délégués ont souligné que cette
décennie oecuménique de solidarité avec les femmes signifiait plus et non
moins de communauté dans l’Eglise. Ainsi, pour la déléguée ouest-allemande
Hildegard Zumach, c’est un enrichissement pour les Eglises d’admettre le
point de vue des femmes. Le Comité central a décidé de réaliser une étude
sur l’utilisation des concepts théologiques. La proposition d’élire un jeune comme l’un des présidents du COE à la prochaine assemblée générale de
Canberra, en février 1991, a à nouveau donné lieu à des débats. Le métropolite Chrysostomos a estimé que si c’était le cas, le niveau du COE allait
encore baisser, opinion aussitôt rejetée par l’américain Avery Post, de
l’Eglise Unie du Christ.
Au cours de cette dernière session, le Comité central du COE a lancé de
nombreux appels, notamment au Secrétaire général de l’ONU, Javier Perez de
Cuellar, pour la convocation d’une conférence internationale sur la paix au
Proche-Orient. Le COE s’est élevé dans une résolution contre la poursuite
de l’occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza par Israël et
s’est prononcé pour l’indépendance de la Namibie ainsi que pour des sanctions obligatoires contre l’Afrique du Sud. (apic/ws/be)