Munich, 12novembre(APIC) L’évêque haïtien Emmanuel Constant à reproché au
président d’Haïti Jean-Bertrand Aristide "sa politique de clique, son
soutien à la lutte des classes, sa tolérance pour la violence et la
constitution d’une organisation paramilitaire", faisant sans doute là
allusion à la mise sur pied d’une police civile grâce à l’aide des
gendarmes genevois. On ne peut cependant pas justifier le putsch militaire
à précise Mgr Constant dans sa déclaration faite mardi à Munich.
"Théoriquement il faudrait revenir à une situation permettant le retour
d’Aristide". Mais a poursuivi l’évêque de Gonaïves il faudrait craindre
alors une confrontation violente avec le pouvoir militaire en place. Avant
de se demander si après son exil le président Aristide est prêt à changer
sa politique.
D’après l’évêque, la population d’Haïti commence à souffrir de l’embargo
imposé par l’Organisation des Etats américains (OEA) pour exiger le retour
du Président. Les biens de consommation courants commencent à manquer,
bientôt il n’y aura plus d’essence. A propos d’une éventuelle levée de
l’embargo, Mgr Constant a répondu: "humainement parlant, l’Eglise ne peut
être d’accord avec des moyens qui font souffrir la population". L’évêque a
encore condamné les méthodes brutales des militaires contre lesquelles
lui-même et d’autres évêques haïtiens ont immédiatemment réagi: "Nous
croyons avoir pu limiter les dégats par cette prise de position sans
ambiguïté". (apic/kna/mp)