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    Fin d’un exil pour l’archevêque après une fuite de 22 mois

    Haiti: retour surprise de Mgr Ligondé à Port-au-Prince (021192)

    Port-au-Prince, 2novembre(APIC) Après vingt deux mois d’exil, Mgr François-Wollf Ligondé, archevêque de Port-au Prince, est rentré dimanche en

    Haitï. Mgr Ligondé, qui avait pris la fuite devant la colère du peuple à la

    suite du coup d’Etat avorté de janvier 1991 dirigé contre le président

    Aristide, est connu en Haïti pour ses sympathies avec le régime du dictateur Duvalier, famille à laquelle il est du reste apparenté. Ce retour a

    surpris tout le monde. La télévision haïtienne l’a salué à sa manière en

    retransmettant dimanche soir, lors d’une émission spéciale, une messe célébrée par l’archevêque dans un sanctuaire dédié à Marie dont le nom n’a pa

    été divulgué, pas plus que l’endroit. 30 personnes seulement étaient présentes.

    Visiblement, de strictes mesures de sécurité avaient été prises durant

    l’office religieux. Aucun des deux évêques auxiliaires qui ont pris la

    charge de l’évêché en l’absence de Mgr Ligondé, n’était présent à la cérémonie.

    Mgr Ligondé, apparenté à la belle-famille de l’ancien dictateur JeanClaude Duvalier et accusé de sympathies pour les macoutes, avait, peu avant

    la tentative du coup d’Etat fomenté par le général Roger Lafontant, fortement critiqué le Père Aristide, président élu d’Haïti, l’accusant notamment

    de vouloir restaurer une nouvelle dictature. Une foule en colère, descendue

    dans la rue après l’annonce de la tentative du coup d’Etat du chef "duvaliériste", avait mis le feu à l’Institut pastoral de l’archevêché de Portau-Prince ainsi qu’à l’ancienne cathédrale en bois, cherchant à s’emparer

    de la personne de l’archevêque.

    Devant la colère du peuple haïtien, et sous la menace, Mgr Ligondé avait

    alors quitté Haïti pour se réfugier, dans un premier temps et selon les

    sources diplomatiques de l’époque, en République Dominicaine.

    En juin 1991, Mgr Joseph Lafontant, évêque auxiliaire, avait été nommé

    Administrateur apostolique de l’archidiocèse, Mgr Ligondé restant seulement

    formellement l’archevêque de Port-au-Prince .

    Durant l’homélie prononcée dimanche lors de la messe télévisée, Mgr Ligondé a déclaré avoir pris la fuite en janvier 1991 car sa vie était en

    danger. L’archevêque a encore précisé qu’"il était aussi sain de corps et

    d’esprit" qu’il l’était avant sa fuite. "L’unique motif de mon retour au

    pays est d’annoncer l’Evangile et d’aider les pauvres d’Haïti", a-t-il dit.

    Dans une interview accordée à la télévision haïtienne, Mgr Ligondé a encore

    souligné, qu’en parcourant les rues de la capitale, "il avait eu l’impression que le pays se trouvait sans un climat de tranquilité et de sécurité".

    Mgr Ligondé appelle le peuple haïtien à la paix, à la réconciliation et au

    pardon. C’est pour lui le seul chemin possible pour sortir de la crise. Interrogé sur son temps passé à l’étranger, Mgr Ligondé a raconté qu’il avait

    trouvé de l’aide auprès de sa famille au Canada.

    La télévision haïtienne a enchaîné la diffusion de la messe par de larges extraits de la prédication de l’archevêque de Port-au-Prince faite à

    l’occasion du nouvel an 1991. Prédication dans laquelle Mgr Ligondé critiquait fortement le climat d’intolérance et de répression existant sous le

    régime du président Jean-Bertrand Aristide.

    L’impression de l’archevêque de trouver un pays calme tranche particulièrement avec les avis de nombreux observateurs en place en Haïti et des

    mouvements de défense des droits de l’homme, qui dénoncent les tortures

    systématiques et les assassinats, par le régime actuel, d’au moins 3’000

    Haïtiens depuis le départ du président élu. Des dénonciations reprises du

    reste par Mgr Romélus, évêque haïtien de Jérémie, lors de son récent passage en Suisse. Ce dernier, qui faisait en outre état de persécutions, par

    les militaires, contre certains membres du clergé, avait été victime d’une

    tentative d’asassinat peu après son retour en Haïti. apic/kna/ba)

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