La Commission suisse "Justice et Paix" exige le respect
de l’embargo international et le retour du Président Aristide
Berne, 25novembre(APIC) La Commission nationale "Justice et Paix" de la
Conférence des évêques suisses demande que l’embargo international décrété
contre Haitï suite au coup d’Etat du 30 septembre dernier soit respecté.
Dans un communiqué publié lundi, la Commission catholique estime "qu’il en
va de la crédibilité de la communauté internationale et tout particulièrement des puissances qui proclament leur volonté de faire respecter le droit
et de soutenir la démocratie".
"Justice et Paix" fait une constatation et formule une question que
beaucoup d’observateurs se posent à travers le monde: "Il est clair qu’un
embargo total, en particulier sur le pétrole, aurait dû paralyser le pays
très rapidement. Comment se fait-il alors que les militaires putchistes et
le gouvernement qu’ils ont établi soient encore en place?"
Ce coup d’Etat a déjà fait plus de 1000 morts, des milliers de blessés
et de réfugiés. Toute personne s’étant mise en évidence dans le processus
de changement intervenu dans le pays au cours de ces derniers mois doit aujourd’hui se réfugier dans la clandestinité, affirme "Justice et Paix". Le
communiqué ajoute: "Les dernières informations qui nous sont parvenues
d’Haitï font état d’un climat de terreur, de répression brutale frappant en
particulier les jeunes, les étudiants, les groupements de la société civile, les communautés ecclésiales de base, les prêtres, les religieux, les
religieuses et les agents laïcs de la pastorale".
En conclusion, "Justice et Paix" prend position sur la démocratie souhaitée par le peuple haïtien et sur la responsabilité de la communauté internationale: "Le retour du Président Jean-Bertrand Aristide à la tête de
l’Etat haïtien doit intervenir rapidement. Pour assurer la crédibilité de
sa volonté de démocratisation dans le monde entier, la communauté internationale doit créer les conditions permettant au Chef de l’Etat, librement
élu le 16 décembre 1990, de reprendre ses fonctions et de poursuivre le
processus de changement et de démocratisation clairement souhaité par le
peuple haïtien". (apic/com/ba)