Lausanne/Port-au-Prince, 29septembre(APIC) Mgr Willy Romélus, évêque de
Jérémie, en Haïti, a échappé dans la nuit du 23 au 24 septembre à un attentat ourdi par des militaires, informe dans un communiqué Pax Christi Suisse
romande. La nouvelle, confirmée dans un premier temps par la Mission d’Haïti à Genève, l’a ensuite été par Mgr Romélus lui-même. L’attentat a échoué
au dernier moment. Un militaire de Port-au-Prince en congé s’étant interposé entre Mgr Romélus entouré de ses amis et les militaires qui avaient pénétré dans le presbytère d’Irois où il venait de présider une ordination
sacerdotale. Mgr Romélus venait de rentrer d’un voyage qui l’avait conduit
aux Etats-Unis, en Suisse et notamment à Fribourg.
Les communications depuis la Grande Anse, région située dans le sud de
l’ìle, proche de Jérémie, ont été immédiatement coupées pour empêcher une
rapide diffusion de cette information. Selon Mgr Romélus, les fidèles, qui
assuraient la sécurité avant, pendant et après la cérémonie de l’ordination
sacerdotale dans l’après-midi du 23 septembre, avaient remarqué plusieurs
militaires en civil dans la foule, dont le commandant militaire d’Irois.
Vers une heure du matin, des soldats et des individus armés accompagnés
d’un sergent ont tenté de forcer la porte du presbytère en proférant des
menaces et des insultes contre l’évêque de Jérémie. Devant des prêtres accourus à la rescousse, "ils réclamaient qu’on leur livre l’évêque". L’intervention d’un caporal originaire de la place, mais en fonction à Port-auPrince, a mis un terme au coup de force des soldats qui se sont retirés aux
cris de "on l’aura quand même".
Des rumeurs d’attentat contre Mgr Romélus circulaient dans la région depuis le 25 août déjà. Selon l’évêque de Jérémie, un avertissement dans ce
sens lui avait été adressé lors de son récent passage à New York. "On
m’avait averti de ne pas rentrer en Haïti, tout comme en m’avait fait savoir qu’il ne fallait pas que je retourne à Jérémie lors de mon arrivée à
Port-au-Prince, me conseillant même de reporter l’ordination sacerdotale ou
d’y envoyer un autre évêque à ma place".
Mgr Romélus, lors de ses conférences publiques à Lausanne, Genève puis à
Fribourg, le 17 septembre dernier, avait témoigné avec des paroles fortes
de la situation violente que vit le peuple haïtien depuis le coup d’Etat
contre le président Jean-Bertrand Aristide le 30 septembre 1991. Un témoignage qui est sans doute à l’origine des deux arrestations dont il a été
victime en Haïti les 20 et 22 septembre, soit peu après son retour de
voyage.
Dans son communiqué, Pax Christi Suisse romande demande aux autorités
suisses et internationales d’intervenir pour assurer la sécurité de Mgr Romélus. Le mouvement catholique international pour la paix s’adresse en outre au Vatican pour que son représentant en Haïti garantisse, lui aussi, la
sécurité de l’évêque de Jérémie. (apic(com/pr)