Haïti: il était l’un des chefs de file de l’Eglise populaire (151288)
Rome, 15décembre(APIC/CIP) Le Père salésien Jean-Bertrand Aristide, l’un
des chefs de file de l’Eglise populaire en Haïti, a été exclu de sa congrégation par ses supérieurs religieux. La décision a été prise jeudi 15
décembre à l’unanimité par le Supérieur général et la Curie généralice de
la congrégation, avec l’approbation de la Congrégation du Vatican pour les
religieux. Le motif invoqué: par son choix de vie et d’engagement dans
l’action le Père Aristide avait pris ses distances par rapport aux exigences de la congrégation des salésiens.
L’engagement politique du religieux, fait-on valoir chez les salésiens,
"s’est trouvé en opposition formelle avec la volonté du fondateur", Don
Bosco. Selon les salésiens, "son appel à la haine et à la violence et son
parti pris pour la lutte des classes vont à l’encontre de la doctrine de
l’Eglise et de l’esprit salésien".
Cet été, la paroisse du Père Aristide avait été l’objet d’une intervention armée des Tontons Macoutes, qui avaient fait irruption dans le lieu de
culte durant la messe et tué plusieurs fidèles.
L’exclusion du Père Aristide est l’aboutissement d’une crise qui couvait
depuis plusieurs mois. En automne déjà, le religieux avait reçu de ses
supérieurs salésiens l’ordre de quitter Haïti avant le 17 octobre. Une
trentaine de religieux avaient cependant protesté contre cette décision
dans un télégramme adressé au Supérieur général des salésiens à Rome. De
son côté, la Conférence épiscopale d’Haïti a maintenu le reproche fait à
l’Eglise populaire de se soustraire à l’autorité du pape. Les évêques rejettent les accusations de cette Eglise populaire. Cette dernière les taxant de collaborateur de l’ancien régime dictatorial des Duvalier.
(apic/jt/pr)