Deux religieuses, appartenant aux Petites Sœurs de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, ont été assassinées le 31 mars 2025 à Mirebalais, dans le centre d'Haïti, par des membres de bandes armées qui ont envahi la zone.
Cette information a été confirmée aux médias locaux par l'archevêque de Port-au-Prince, Mgr Max Leroy Mésidor, qui a ajouté : "C'est une perte immense pour la communauté », rapporte l’agence vaticane Fides.
Soeur Evanette Onezaire et Soeur Jeanne Voltaire ont été tuées alors que la ville de Mirebalais était la cible d'attaques armées de la part de la bande criminelle Viv Ansanm. Les violences ont également pris la forme d'attaques contre des commerces, des postes de police et même une prison, d'où plus de 500 détenus se seraient échappés.
Les deux religieuses travaillaient à l'école de Mirebalais et s'étaient réfugiées dans une maison avec une jeune fille pendant les attaques. Les bandes armées sont entrées dans l'appartement et ont ouvert le feu, tuant les deux religieuses et la jeune fille qui était avec elles.
Une situation tragique
Dans une lettre adressée au clergé de son diocèse, Monseigneur Mésidor écrit:« Nous traversons l’une des pires périodes de notre histoire en tant que peuple. » Il évoque sans détour « les menaces qui pèsent sur les activités de l’Église », les communautés religieuses déplacées, les écoles catholiques fermées, les sœurs âgées évacuées en urgence, et les maisons de retraite vidées faute de sécurité. « La liste des congrégations religieuses en difficulté est très longue. Je n’ai pas de mots pour décrire ce qui se passe actuellement à Port-au-Prince. C’est une situation incroyable. Nos frères et sœurs consacrés participent activement à la souffrance du peuple. »
À ce jour, la situation à Mirebalais semble tragique. Le délégué départemental du gouvernement dans la région, Frédérique Occéan, a déclaré que les cadavres en décomposition jonchent les rues de la ville, répandant une odeur nauséabonde. Les autorités municipales sont absentes et de nombreux habitants ont fui.
Les médias haïtiens rapportent que les bandes armées auraient également pris pour cible l'hôpital universitaire de Mirebalais. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale, le 2 avril, pour manifester contre l'aggravation de la situation et l'augmentation des attaques de la part des bandes armées.
Selon les données diffusées par l'ONU, les violences ont fait au moins 5 600 morts en 2024 (soit 1’000 de plus que l'année précédente), plus de 2 000 blessés et environ 1 500 enlèvements. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, avait indiqué que, quelques heures seulement après le début des violences à Mirebalais, au moins 4’239 personnes assassinées et 1’356 blessées en Haïti entre juillet 2024 et février 2025 avec des armes arrivées illégalement de l'étranger. (cath.ch/fides/mp)