Port-au-Prince, 25janvier(APIC/CIP) Les évêques haïtiens ont publié une
déclaration au lendemain des élections du 17 janvier 1988. Dans cette
déclaration dont le texte intégral vient d’être diffusé par la salle de
presse du Vatican, la Conférence des évêques se montre "extrêmement préoccupée" pour la situation créée dans le pays à la suite des élections.
Les élections du 17 janvier 1988, disent les évêques, bien qu’il n’y ait
pas eu de morts ni de blessés comme durant les élections précédentes,
constituent un défi moral-politique. "L’Eglise dans le cadre de sa mission
pastorale ne peut pas se taire, elle doit prendre la parole pour rappeler
en toutes circonstances que l’activité politique doit tenir compte de
l’homme et respecter les valeurs fondamentales de dignité, de vérité, de
liberté et de justice". Les évêques indiquent que "certaines valeurs morales fondamentales ont été violées au cours du procès sus-électoral et au
jour des élections". Ils dénoncent les "irrégularités et fraudes", comme le
fait que des enfants d’à peine 13 ans ont voté, que certaines personnes ont
voté plusieurs fois, que le secret du vote a été violé, que beaucoup de
personnes, par exemple des agents pastoraux, des directeurs de chapelle ont
été arrêtés sous prétexte de propagande contre les élections.
Ils notent aussi que "la campagne de dénigrement systématique de l’Eglise continue. On veut faire croire que la Conférence épiscopale des évêques
collabore à la nomination d’un président de la République". C’est de là que
les évêques dénoncent "toute stratégie qui voudrait utiliser l’Eglise et
ses structures à des fins politiques." Comment envisager l’avenir du
peuple?, se demandent les évêques, en dehors d’une société démocratique.
Enfin les évêques lancent un appel au peuple haïtien de ne pas recourir à
la violence. La violence, disent-ils, engendre la violence et n’est pas une
solution. Ce qui est certain, concluent-ils, c’est qu’une crise aussi grave
ne se devrait dénouer que par un dialogue visant à chercher dans la légalité, la vérité et l’honnêteté, le bien du peuple, un souci réel des
pauvres, des démunis, du monde majoritaire des paysans. (apic/jt/bd)