Guyana: Prix Titus Brandsma pour le P. Andrew Morrison (020892)
Pays-Bas, 2août(APIC) Le Père Andrew Morrison, rédacteur en chef de
l’hebdomadaire "Catholic Standard" de Georgtown en Guyana s’est vu conférer
récemment le prix Titus Brandsma "pour la défense inlassable de la justice
et de la liberté contre la dictature et en faveur du peuple". La remise du
prix aura lieu le 26 septembre lors du congrès mondial de l’Union catholique internationale de la presse (UCIP) qui réunira quelque 600 journalistes
et éditeurs catholiques provenant de 80 pays à Campos de Jordao au Brésil.
Ce prix attribué pour la première fois cette année a été crée à l’initiative de l’UCIP et de l’Eglise catholique aux Pays-Bas, il est doté de
2’400 francs (3’000 florins). Il célèbre la mémoire du Père carme hollandais Titus Brandsma exécuté le 26 juillet 1942 dans le camp de concentration de Dachau où il avait été déporté en raison de son engagement pour la
liberté de presse. Titus Brandsma a été béatifié en 1985.
Le Père Morisson s’est engagé la lutte pour la justice et la vérité en
Guyana en dénonçant la fraude électorale et en publiant dans son journal,
le "Catholic Standard" les preuves des malversations. D’autres journaux qui
avaient également décidé de dire la vérité ont été au cours des mois qui
suivirent soit achetés, soit fermés par le gouvernement. Le "Catholic Standard" grâce à l’appui de l’évêque, des prêtres et du peuple a pu échapper à
ce sort. Mais le gouvernement a employé toutes sortes d’autres moyens pour
tenter de le faire taire: pénurie organisée de papier, calomnies pour demander au Vatican d’ordonner à l’évêque de faire fermer le journal et même
le meurtre, lorsqu’un journaliste fut abattu par derrière alors qu’il prenait des photos d’une manifestation anti-gouvernementale.
Titus Brandsma: un martyr de la liberté de parole
A l’occasion de la fondation d’un prix qui porte son nom, l’hisoire
héroïque de Titus Brandsma mérite d’être rappelée. En 1935, Titus Brandsma
alors professeur de philosophie et de théologie mystique à l’Université
catholique de Nimègue est nommé, par l’archevêque d’Utrecht, conseiller ecclésiastique de l’Association des journalistes catholiques des Pays-Bas.
Très conscient de l’influence des médias, presse écrite, mais aussi radio
et cinéma, le Père Brandsma élabore une réflexion sur la formation des
journalistes.
En 1939, il est nommé président d’une commisssion chargée d’établir un
contrat collectif pour les journalistes. Certains éditeurs n’apprécient
guère qu’un conseiller écclésiastique se mêle des conditions matérielles du
travail des journalistes. Face à de nombreuses attaques, Titus Brandsma
quitte la présidence de la commission, mais continue à y être actif. Un
texte est élaboré, mais l’opposition des éditeurs et la guerre font que le
projet est abandonné.
Dès 1940, aprés l’invasion des nazis, sous l’inspiration de Titus
Brandsma, les journalistes catholiques des Pays-Bas prennent conscience de
leur rôle et de leur responsabilité dans la formation de l’opinion publique. Du côté des éditeurs par contre la résistance au pouvoir national-socialiste est plutôt faible. En décembre 1941, les directeurs de journaux se
concertent pour savoir s’ils doivent accepter ou non les annonces et communiqués du Ministère de l’information et des beaux-arts du pouvoir nazi.
Ayant eu vent de ces discussions, les nazis font savoir aux journaux, le 18
décembre 1941, qu’ils n’ont pas le droit de refuser ces publications pour
des raisons de principe. Après une réunion avec l’archevêque Mgr Jan de
Jong, on décide que Titus Brandsma écrira une lettre aux éditeurs de journaux catholiques, pour leur dire de refuser les annonces des nazis et qu’en
outre il rendra visite aux rédacteurs en chef pour leur expliquer les raisons de ce "non". Titus Brandsma entreprend ces visites, mais le 19 janvier
1942 il est dénoncé à la Gestapo qui décrète qu’"à cause de la préparation
systématique d’un mouvement de résistance, le Père Titus Brandsma doit être
arrêté et transféré dans un camp de concentration". Titus Brandsma, déjà
âgé de 61 ans, est arrêté, condamné à la prison pour la durée de la guerre
puis transferé à Dachau où il exécuté d’une injection le 26 juillet 1942.
Son corps est envoyé au four crématoire. En 1985, le pape Jean Paul II le
proclame bienheureux. (apic/com/mp)