Munster, 2octobre(APIC) La théologie de la libération latino-américaine,
d’après la description du théologien péruvien Gustavo Gutierrez, se trouve
confrontée à cette question : comment, dans un "monde caractérisé par la
mort", parler de Dieu et de son amour pour tous les hommes ? Les pauvres
d’Amérique latine mourraient "avant l’heure", souvent déjà "au début de
leur vie", comme l’atteste une mortalité infantile importante, a affirmé
Gutierrez mardi 29 septembre lors d’un Congrès organisé à l’Université de
Munster sur le thème "L’Amérique latine et l’Europe dialoguent". le Congrès
prendra fin samedi.
Gutierrez a défini les "pauvres" comme les anonymes de l’histoire, dont
la dignité humaine n’est pas respectée, mais détruite. A l’heure actuelle
les pauvres essaient de sortir de leur situation. Pour l’Eglise il s’agit
de trouver de nouveaux modèles pastoraux, qui soient équitables, mais qui
aussi analysent les causes de la pauvreté dans la société latino-américaine. La vraie pauvreté, a ajouté Gutierrez, n’est pas la pauvreté matérielle, mais la destruction de l’homme engendrée par les structures sociales.
Le but de la théologie de la libération est de permettre à l’Eglise de
trouver sa place auprès des pauvres et pas seulement de faire quelque chose
pour eux et par conséquent ne voir dans le "monde des pauvres" qu’un "domaine de travail".
Auparavant le théologien brésilien de la libération Leonardo Boff avait
demandé que l’Amérique latine et l’Europe se libèrent ensemble. "Nous devons nous entraider dans cet important processus de libération qui concerne
les oppresseurs historiques et les opprimés d’Amérique latine. L’Amérique
latine ne sera pas libérée sans que l’Europe et ses alliés se libèrent aussi", a déclaré Boff. (apic/cor)