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    L’Eglise tire la sonnette d’alarme

    Guinée: Prolifération des sectes

    Conakry, 19 octobre 2003 (Apic) La Guinée, comme tous les pays africains, est confrontée au phénomène des nouvelles sectes religieuses. Celles-ci s’y implantent et s’y développement à un rythme qui échappe à tout contrôle. Elles viennent du Nigeria, du Liberia, de Sierra Leone et de la République Démocratique du Congo. L’Eglise catholique s’inquiète de leur multiplication et tire la sonnette d’alarme.

    Selon le Père André Amadou Camara de l’Eglise catholique, depuis l’ouverture de la Guinée en 1984, ces sectes ont envahi le pays. La Guinée a été, pendant plus d’un quart de siècle (1958-1984) fermée au reste du monde à cause de son idéologie politique "révolutionnaire".

    Un coup d’état militaire, survenu au lendemain de la mort du président Ahmed Sékou Touré qui dirigeait le pays pendant cette période, a mis fin à cet autoritarisme. La junte militaire, dirigé par le Colonel Lansana Conté, devenu plus tard général, a ouvert les frontières du pays à l’étranger, immédiatement après avoir renversé les successeurs de Sékou Touré. Une mesure d’ouverture qui a entraîné une "ruée" vers la Guinée, devenu une nouvelle destination pour les sectes en tout genre, tant chrétiennes que musulmanes.

    Le Père André Amadou Camara est le secrétaire général de la Ceg (Conférence Episcopale de Guinée). Ancien curé général de cathédrale de Conakry pendant près de 30 ans et ancien vicaire général de Mgr Robert Sarah actuellement au Vatican, il a assuré la charge d’administrateur apostolique de l’archidiocèse de Conakry entre le départ de Mgr Sarah et l’arrivée de son remplaçant, Mgr Vincent Coulibaly. Il est considéré, comme une mémoire vivante de l’Eglise guinéenne.

    A cause des conflits armés en Sierra Léone, au Liberia et en RDC, les "animateurs" des nouvelles "Eglises" dans ces pays se sont repliés en Guinée. Très actifs, ils recrutent leurs fidèles parmi les réfugiés qui vivent dans des conditions difficile, mais également parmi les populations autochtones.

    Prise de conscience

    "Aujourd’hui, on se retrouve avec des escrocs", a poursuivi le Père André Amadou Camara, ajoutant: "nous ne savons pas à qui nous avons affaire, car chacun vient proposer sa recette religieuse". Les autorité guinéennes "manquent d’expériences" pour faire face l’invasion des nouvelles sectes. Mais, a fait remarquer le père Camara, les populations prennent consciences du danger. Elles sont "entrain de se rendre compte" que la plupart de ceux qui ont adhéré aux sectes religieuses ont été engagées dans "des voies d’illusion, par naïveté et par ignorance".

    La pauvreté est l’une des principales raisons du succès des nouvelles religions en Guinée. Pays doté d’un sous-sol très riche en bauxite, et bénéficiant d’une pluviométrie abondante et d’une nature qui donne naissance à plusieurs cours d’eau en Afrique, la Guinée a de toute l’Afrique de l’ouest, le pays le plus favorisé par la nature. Mais sa population est l’une des plus pauvres de la région à cause d’une mauvaise gestion des ressources nationales. Or, a fait remarquer le Père Camara, "les sectes fleurissent dans les nids de la pauvreté".

    Le secrétaire général de la Ceg précise "quand quelqu’un est pauvre et qu’on vient lui proposer n’importe quelle nourriture, il ne se pose pas tellement de questions sur la qualité de cette nourriture". "C’est seulement après l’avoir consommé, quand il y a indigestion, qu’il se rend compte que la nourriture ne lui convenait pas". "La guinée est dans cette période là", conclut le Père Camara. (apic/ibc/sh)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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