Bissau, 18août(APIC) La présence de l’Eglise catholique en Guinée-Bissau
est jugée positivement, rapporte le service "Documentation et Informations
Africaines"(DIA). En dépit du fait qu’elle ne jouit pas dans ce pays
d’Afrique occidentale d’un statut qui lui donne pleine liberté dans son
apostolat, sa présence est qualifiée d’appréciable par nombre de ressortissants.
Selon DIA, après le coup d’Etat de 1980 qui a mis fin au régime d’inspiration marxiste, au pouvoir depuis l’accession à l’indépendance en 1974,
tout a changé dans les rapports entre l’Etat et l’Eglise catholique locale.
Dans cette ancienne colonie portugaise, le régime d’avant 1980 avait continué, après l’indépendance, à considérer les missionnaires, pour la plupart
des ressortissants de l’ex-métropole, comme des suppôts de l’administration
coloniale.
L’Eglise catholique locale, à l’image du pays - 36.120 km2 pour moins
d’un million d’habitants - forme une communauté modeste de 50.000 fidèles.
Elle ne comprend qu’un seul diocèse et est dirigée par un évêque italien,
Mgr Settimio Ferrazzetta. Le nombre des chrétiens catholiques ne représente
guère que 5,5 % de toute la population, qui compte par ailleurs 60 % d’animistes et 30 % de musulmans.
L’Eglise, "qui entretient des rapports francs avec les nouvelles autorités", concerve cependant son indépendance, malgré l’influence non négligeable des musulmans dans plusieurs domaines. A travers ses groupes laïcs
ou religieux, elle parvient parfois à faire valoir ses droits, notamment
sur la liberté de culte. L’actuel gouvernement de Guinée-Bissau s’inspire
encore des principes marxistes, alors que le pays est pour ainsi dire dans
le giron de l’Occident après son admission au sein du Fonds Monétaire International (FMI).
L’avènement du nouveau régime a profité à l’Eglise. Elle a lancé des actions de promotion sociale et humaine. Aux yeux des autochtones, qui
bénéficient de ces services, l’Eglise donne l’image d’une communauté de
foi. Et les missionnaires ne sont plus traités de collaborateurs de l’administration coloniale. Quant aux jeunes, ils interpellent de plus en plus
l’Eglise dont ils attendent appui et aide pour l’obtention du respect de
leurs droits à l’instruction et à l’emploi, notamment.
Parmi ses urgences pastorales, l’Eglise locale est appelée à s’engager
dans l’évangélisation des populations animistes. Les autres priorités sont
l’intensification de sa présence dans le domaine éducatif et de la pastorale catéchétique. L’Eglise en Guinée-Bissau souffre cependant du manque
d’ouvriers apostoliques. Les prêtres diocésains sont seulement trois, pour
8 grands séminaristes et 20 petits séminaristes. (apic/dia/pr)