Guin: Assemblée générale de Caritas-Fribourg (240692)
Vers une collaboration accrue entre Caritas, les communes et les paroisses
Guin, 24juin(APIC) Caritas-Fribourg entend à l’avenir collaborer davantage avec les paroisses et les communes du canton. Car, a souligné le directeur de Caritas Fribourg, Max Hayoz, c’est ensemble que des solutions doivent être trouvées aux difficultés de "nos prochains qui sont dans la détresse". Au cours de l’Assemblée générale de l’oeuvre d’entraide catholique
tenue mardi soir à Guin, de nouveaux membres ont été élus au Comité, désormais à nouveau au complet. Il s’agit d’Elisabeth Koerfer, de Charmey, et de
Johanna Jungo Fasel, de Tavel. Si les comptes 1991 bouclent avec un léger
bénéfice, la situation financière de Caritas inquiète tout de même ses
responsables.
Comme l’a montré dans son exposé Stéphane Francey, travailleur social et
auteur d’une étude sur les perspectives d’avenir de Caritas-Fribourg, la
nouvelle pauvreté touche également le canton de Fribourg et des couches
toujours plus larges de la population sont victimes de la précarisation. Il
faut notamment en rechercher les origines dans la situation du marché de
l’emploi et du logement, mais aussi dans l’explosion des coûts de la santé.
Contrairement aux "pauvres ordinaires", qui se sont maintenus malgré le
développement de l’Etat social, les "nouveaux pauvres" souvent ne sont pas
des marginaux. Certains parmi eux ont même parfois des revenus relativement
élevés, pourtant largement grevés par un endettement excessif dû notamment
à la hausse des hypothèques ou au recours trop fréquent aux petits crédits.
Là où le carcan des critères officiels se fait trop pesant, Caritas,
"expression d’une communauté engagée et agissante", doit s’efforcer de
montrer la voie en direction de solutions alternatives, comme elle l’a déjà
fait dans le passé, relève Stéphane Francey dans son étude, en mentionnant
les exemples de "Caritout" et du Service de désendettement.
L’aide de Caritas-Fribourg aux réfugiés
Dans son rapport annuel, le directeur de Caritas Fribourg a constaté que
la Suisse, en raison d’un chômage croissant et de plus en plus long, est de
plus en plus "secouée" par la pauvreté. Selon lui, les femmes divorcées,
séparées ou seules au foyer sont les première touchées sur le marché de
l’emploi. Le sort des personnes âgées n’est pas davantage à envier, ni celui des étrangers, des requérants d’asile, des réfugiés, des saisonniers et
des travailleurs au noir. Ces derniers sont régulièrement exploités et ne
bénéficient d’aucune couverture sociale. Max Hayoz a encore rappelé le mandat confié à Caritas Fribourg par la Confédération et le canton pour le
service social en faveur des réfugiés. Ce service, qui a apporté l’an dernier son aide à 400 réfugiés, ne coûte rien à la section fribourgeoise de
l’oeuvre d’entraide.
Quant au service social de l’institution, il a mené l’an dernier près de
600 entretiens avec des personnes en difficultés. 280 dossiers sont aujourd’hui encore ouverts. Un peu moins de la moitié de ces dossiers concernent des personnes originaires du canton.
Bénéfice, mais difficultés financières
Les comptes 1991 de Caritas Fribourg bouclent avec un bénéfice de 13’880
francs. Ce qui, aux yeux du président de l’institution, André Dupasquier,
n’est pas suffisant, puisque, selon lui, la section se trouve actuellement
en difficultés financières. Grâce au efforts consentis par les paroisses,
le service social polyvalent a cependant pu être sauvé.
Oratrice de la soirée, Sonja Hungerbühler, enseignante en travail social
à l’Université de Fribourg, a souligné en conclusion que Caritas a le devoir de faire des détresses cachées et souvent volontairement ignorées un
ample sujet de discussion et de réflexion. (apic/gs/pr)