demande l’ouverture des frontières suisses
Berne, 25juin(APIC) "Choquée" et "horrifiée" par l’extrême violence qui
règne en Bosnie-Herzégovine et les cruautés commises dans cette république
de l’ex-Yougoslavie, la Commission nationale suisse "Justice et Paix" demande au Conseil fédéral d’ouvrir les frontières de la Suisse afin de pouvoir accueillir un certain nombre de réfugiés victimes des bombardements.
"Justice et Paix", une commission de la Conférence des évêques suisses,
est choquée par le fait que l’emblème de la Croix rouge est abusivement
utilisé et ne représente par conséquent plus une garantie de protection
suffisante. Après le décès de Frédéric Maurice, délégué du CICR, survenu le
19 mai dernier, note "Justice et Paix", il est urgent que les Etats parties
aux Conventions de Genève mettent tout en oeuvre pour rendre au CICR son
immunité opérationnelle.
Il est tout aussi urgent que la communauté internationale vienne massivement en aide aux centaines de milliers de personnes qui ont dû fuir les
combats. "La responsabilité de la Suisse est engagée", affirme la Commission, qui demande que les restrictions à l’entrée des ressortissants de
l’ancienne Yougoslavie soient assouplies de telle manière que l’accueil des
réfugiés soit partagé entre les divers pays européens. Une aide humanitaire
doit également être rapidement acheminée dans les régions où se trouvent la
majorité des réfugiés afin d’alléger le fardeau des populations locales
submergées par le flot des réfugiés. La Commission salue le fait que le
Conseil fédéral a débloqué à cet effet 15 millions de francs, ce qui
représente déjà "une contribution bienvenue".
Avec la Conférence des évêques suisses, "Justice et Paix" invite la population suisse à accueillir les victimes de la violence dans l’ex-Yougoslavie et à répondre généreusement aux appels des oeuvres d’entraide. Ces
dernières - en particulier Caritas Suisse et la Coordination Asile de
Zurich - souhaitent notamment accueillir durant l’été quelques centaines
d’enfants avec leurs accompagnants, afin qu’ils bénéficient d’un répit
après avoir été jetés sur les routes de l’exil.
L’Entraide protestante fâchée contre le conseiller fédéral Ogi
L’Entraide protestante (HEKS) a de son côté vivement protesté jeudi contre les propos tenus à la télévision autrichienne par le conseiller fédéral
Adolf Ogi, qui a laissé entendre que la Suisse ne pouvait pas recevoir de
réfugiés de l’ex-Yougoslavie, car, là-bas, les gens sont responsables de
leur propre situation étant donné qu’ils se battent entre eux. Rappelant le
sort des deux millions de civils croates, bosniaques et serbes aujourd’hui
sur les routes de l’exil, l’Entraide protestante a qualifié ces déclarations de "raccourci cynique" de la réalité. Elle demande aux autorités fédérales une attitude claire et humaine face à ce problème, étant donné que
les oeuvres d’entraide se sont déjà déclarées prêtes à recevoir des enfants
et leurs accompagnants dans des foyers d’accueil. (apic/com/be)