condamnation de "L’Osservatore Romano"
"Le droit international est vaincu sur toute la ligne"
Rome, 26février(APIC) "L’Osservatore Romano" condamne une nouvelle fois
l’usage de la violence dans le Golfe et en particulier le déclenchement de
l’attaque terrestre. Dans un article publié mardi à la une sous le titre
"Une défaite", Mario Agnes, directeur de l’édition italienne du quotidien
du Vatican, constate avec amertume que "le système primitif de la guerre a
prévalu sur les négociations".
Un grand titre barre la une de l’édition de "L’Osservatore Romano" dont
l’édition a été clôturée avant l’annonce par Radio Bagdad du retrait des
troupes irakiennes du Koweït: "La guerre l’a emporté sur les espoirs de
paix".
Dans son éditorial, Mario Agnes relève que "la voie qui conduit à la
paix est un chemin apparement moins glorieux, mais éminemment plus héroïque
et efficace que celui que trace la voie de la guerre"; que "l’héroïsme de
faire la paix est plus exigeant - bien plus exigeant - que le courage de
faire la guerre". Et d’ajouter: "Le droit international est vaincu sur toute la ligne, et avec lui les institutions et les organismes internationaux
qui ont pour mission une recherche authentique de solutions négociées et
pacifiques de la crise".
Le directeur de "L’Osservatore Romano" lance un appel à la mobilisation
"des humbles moyens de la prière et de la pénitence", puisque "l’orgueil de
la puissance a prévalu sur la compassion pour l’homme et pour les populations civiles sans défense".
La dernière page est entièrement consacrée à la quarantaine d’appels déjà lancés par Jean Paul II depuis le déclenchement du conflit, sous le titre "Le pape, voix de la conscience de paix du monde". Ces appels sont illustrés d’une photo du pape accompagnée, en guise de commentaire, des paroles qu’il a prononcées le 24 février à la prière de l’Angélus: "Le Siège
apostolique a fait ce qui était en son pouvoir pour éviter cette terible
guerre".
Dans un bref commentaire des appels du pape, le quotidien du Vatican indique que ceux-ci n’avaient pas seulement "une grande valeur spirituelle",
mais également "une très profonde signification politique, au sens le plus
noble du terme". Le risque existe en effet, souligne "L’Osservatore Romano", que le conflit "dresse un mur entre deux mondes, précisément au moment
où en Europe de l’Est, viennent à peine de s’effondrer les murs de pierre".
(apic/cip/jt/pr)