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    Tristesse et consternation

    Guerre du Golfe: nombreuses réactions au sein des Eglises (170191)

    Fribourg, 17janvier(APIC) Le déclenchement de la guerre, jeudi matin peu

    après minuit, heure suisse, par les forces alliées de l’ONU contre l’Irak,

    a entraîné, sitôt la nouvelle connue et tout au long de la journée de jeudi, un flot de commentaires de la part de nombreuses Conférences épiscopales nationales, d’évêques et autres personnalités du monde religieux. Une

    des premières réactions a été celle exprimée par le pape Jean Paul II pour

    dire son "grand abattement", et répéter "avec force que la guerre ne peut

    être un moyen adéquat pour résoudre complètement les problèmes entre les

    nations".

    Le pape, qui avait multiplié les appels à la paix, exprime en outre son

    "amertume" à la pensée que "le début de cette guerre marque aussi une grave

    défaite du droit international et de la communauté internationale". Une

    "amertume", a-t-il dit, qui "nous vient aussi à la pensée des victimes,

    destructions et souffrances que la guerre peut entraîner".

    Réunis pour leur part à Soleure (Suisse) pour leur traditionnelle rencontre annuelle, les présidents des Conférences épiscopales d’Allemagne, de

    France et de Suisse ont exprimé leur "profonde tristesse" à l’annonce du

    déclenchement des hostilités. "La guerre est un échec pour la communauté

    des peuples dans sa volonté de rétablir la justice et la paix par des moyens politiques", affirme le message signé par Mgr Karl Lehmann (Allemagne),

    Mgr Joseph Duval (France) et Mgr Joseph Candolfi (Suisse).

    Trstesse également pour Mgr Jacques Gaillot, évêque d’Evreux (France)

    pour qui "la guerre, c’est le déshonneur". Très critique à l’égard de la

    France, il relève: "La solidarité de la France avec les Américains l’a empêchée de jouer une carte importante dans le conflit du Golfe et vis-à-vis

    des pays arabes". L’évêque d’Evreux, qui estime qu’"humilier l’Irak, c’est

    humilier les pays arabes", s’insurge en outre contre les énormités des dépenses financières que cette guerre entraîne: "Cette guerre est une insulte

    à la misère, une insulte au tiers monde".

    "Cette guerre va-t-elle au moins nous ouvrir les yeux"

    "Cette guerre est conduite contre la volonté d’un grand nombre d’êtres

    humains dans le monde entier, contre la volonté des Eglises chrétiennes et

    du pape", commente quant à lui le président de la Commission épiscopale autrichienne "Justice et Paix", Mgr Florian Kuntner. Il constate que tous les

    appels des responsables religieux dans le monde n’ont pas été écoutés. Selon lui, la responsabilité incombe certes à Saddam Hussein qui a préféré

    mener son peuple au désastre plutôt que d’accepter un compromis, mais aussi

    aux hommes politiques occidentaux qui ont préféré déclencher une guerre aux

    conséquences meurtrières sans attendre les effets des sanctions imposées à

    l’Irak.

    Joint en tout début de matinée à Soleure, où il est actuellement, Mgr

    Joseph Duval, président de la Conférence des évêques de France, a déclaré

    au quotidien catholique "La Croix" son espoir que le conflit ne s’étende

    pas à d’autres pays de la région, et notamment à Israël. "Même si les alliés gagnent le conflit contre l’Irak", a-t-il souligné, "on ne pourra pas

    parler de victoire, car ce mot doit être réservé à la solution diplomatique

    qui doit être mise en chantier dès aujourd’hui". Pour l’archevêque de Rouen, il ne fait aucun doute qu’une conférence internationale représente

    maintenant la seule chance de bâtir une paix durable au Proche-Orient.

    Quant au cardinal Albert Decourtray, qui avait été vivement critiqué

    pour avoir déclaré en novembre que "la guerre était préférable à l’injustice", il souhaite que ce conflit "soit le plus bref possible et qu’il cède,

    sans tarder, la place à une reprise du dialogue. C’est l’ONU qui, le plus

    tôt, devra reprendre la direction des opérations". L’ancien président de la

    Conférence des évêques de France pense qu’une conférence internationale sur

    l’ensemble des problèmes du Proche-Orient "est absolument nécessaire, même

    si elle comporte un risque pour certaines parties en présence. Je pense

    bien sûr à Israël, mais aussi au Liban et aux Palestiniens".

    Président de la Commission française "Justice et Paix", Mgr Jacques Delaporte, archevêque de Cambrai, a rappelé de son côté pour l’agence APIC le

    rôle joué par le Conseil de sécurité des Nations Unies et insisté pour que

    ce Conseil garde un certain contrôle sur ce qui se passe "afin que tout ne

    dépende pas des militaires et des Etats-Unis".

    La consternation dès l’annonce du début de la guerre a également été vive du côté des protestants en France. Le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Jacques Stewart, relève": "Dans le Golfe, la

    guerre a commencé cette nuit. Mais soyons lucides, on est en guerre depuis

    des années. Certes on parle aussi du Liban, d’Israël et des Palestiniens,

    mais il ne faut pas oublier le Liberia, le Gabon ou le Rwanda. Toutes ces

    guerres nous ont laissés jusque là indifférents". Et de s’interroger: "Cette guerre va-t-elle au moins nous ouvrir les yeux?"

    Son de cloche différent pour l’archevêque anglican de Canterbury, Mgr

    Robert Runcie. Il considère que l’entrée en lice des armées alliées fait

    partie de ce qu’il nomme "une juste guerre".

    Quant à la Conférence épiscopale des Etats-Unis, elle n’a pour l’heure

    fait aucun commentaire. (apic/pr)

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