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    familles religieuses réunis pour un débat

    Guerre du Golfe: les représentants des grandes (080291)

    Non, la guerre du Golfe n’est pas une guerre sainte

    Paris, 8février(APIC) Non, la guerre du Golfe n’est pas une guerre sainte

    qui déchirerait les communautés sur des motifs religieux. Oui, la croyance

    en un Dieu unique, loin d’être un facteur de division, pousse les croyants

    à prendre conscience que la guerre n’est pas une abstraction, à respecter

    les vies humaines et à s’inquiéter des victimes. Ce sont deux grandes convictions qui animent les représentants des grandes familles religieuses de

    France - chrétienne, juive et musulmane -. Après deux appels lancés en commun en faveur de la fraternité entre les fidèles de ces trois grandes familles religieuses et pour dire non aux armes chimiques, bactériologiques

    et nucléaires, ils se sont réunis pour une table ronde récemment organisée

    par le quotidien catholique "La Croix".

    Jean Kahn, président du Conseil représentatif des Institutions juives de

    France, Tedjini Haddam, recteur de la grande mosquée de Paris, le pasteur

    Jacques Stewart, président de la Fédération des Eglises protestantes de

    France, Mgr Jérémie, président du Comité interépiscopal orthodoxe ainsi que

    Mgr Joseph Duval, président de la Conférence des évêques de France ont participé à cette table ronde qui s’inscrivait dans le prolongement des appels

    communs récemment adressés à leurs fidèles.

    Le débat organisé par "La Croix" ne pouvait éluder la question de la

    responsabilité des religions dans les grandes divisions, face au retour des

    intégrismes au sein des trois grandes religions monothéistes et de certaines volontés de "reconquête" religieuse sur la société. Dans un dossier de

    4 pages publié dans son édition de mercredi 6 février, le quotidien catholique français reprend l’essentiel de cette table ronde en posant cette

    question : "Vous appartenez tous aux grandes religions monothéistes qui

    prétendent avoir chacune la vérité, mais ne croyez-vous pas, honnêtement,

    que cette prétention à la vérité religieuse a pu être un facteur de division, d’oppositions, de violences? Autrefois et aujourd’hui?"

    Pas les seuls garants de la paix

    Jacques Stewart a reconnu que la solidarité des grandes familles religieuses doit être exprimée d’une manière modeste, en nous rappelant que

    très souvent dans le passé, les religions ont pu être des facteurs de divisions dans l’histoire". Et d’ajouter: "Ne nous posons donc pas aujourd’hui

    comme les seuls véritables garants de la paix. Nous devons dire au monde,

    modestement, que des hommes et des femmes qui se réfèrent à Dieu peuvent

    jouer un rôle important pour devenir des artisans de paix et de réconciliation. Nous ne constituons pas un front religieux et cet appel à la solidarité, on ne peut pas le faire qu’avec des mouvements laïques et des associations de non-croyants".

    Pour Jean Kahn, le principe du respect de la vie humaine est premier.

    "Or dans ce conflit, constate-t-il, nous avons affaire à des gens qui

    n’ont jamais respecté, de quelque manière que ce soit, la vie humaine. Des

    massacres horribles ont eu lieu, parfois dans le silence, l’indifférence du

    monde... Quant à savoir si la guerre est juste ou pas juste, c’est un long

    débat. Mais il ne faut pas oublier que le nazisme a été vaincu par les armes et non par les idées".

    "Il est possible, observe de son côté Mgr Duval, archevêque de Rouen,

    que nous n’ayons pas assez insisté sur la détérioration de la vie des hommes durant la guerre. J’ai souvent rappelé, cependant, que la guerre ne

    pouvait pas être sainte puisqu’elle visait la destruction de l’homme.. Mais

    je regretterais que nous nous contentions de nous apitoyer sur le sort des

    morts et que ce soit la seule raison qui nous fasse regretter la guerre. Il

    était important que nous disions depuis le départ que la guerre n’était pas

    le meilleur moyen de construire la paix, sinon nous retombons dans un attendissement et non pas une réflexion".

    Mgr Duval réagissait au reproche adressé aux responsables religieux de

    n’intervenir qu’à l’intérieur de leurs chapelles. Mgr Jérémie ajoute pour

    sa part cette réflexion: "Supposons que nous protestions contre les massacres, mais pouvons-nous stopper une guerre qui correspond à un consensus

    général, politique et international? Nous pouvons nous lamenter, mais si

    nous en restons seulement à la manifestation de nos sentiments, nous risquons de passer dans le courant de ceux qui protestent parce qu’ils ont

    peur. Nous perdrions donc notre perspective religieuse qui affirme le respect absolu de l’homme qui est fils de Dieu".

    Quant à Tedjini Haddam, recteur de la mosquée de Paris, il a posé une

    question sous forme de suggestion: "Est-il possible, dans l’état actuel des

    choses, de constituer une cellule spirituelle permanente qui suivrait les

    évènements et réfléchirait aux actions positives sur le terrain?" (apiccip/pr/ba)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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