Guerre du Golfe: le Koweït n’a pas de carottes, mais du pétrole (180191)
Rome, 18janvier(APIC) "Si le Koweït n’avait possédé que des champs de carottes, y aurait-il eu le même déploiement de force dans le Golfe?", se demande dans une interview que publie le journal catholique italien l’"Avvenire" le patriarche catholique chaldéen Raphaël I Bidawid, qui a son siège
à Bagdad. Ce dernier entreprend actuellement en compagnie de trois membres
d’Eglises orientales une mission de paix dans le monde. Une mission qui le
mènera notamment en Suisse.
Le patriarche catholique chaldéen, qui a rencontré au Vatican le cardinal Roger Etchegaray, président du Conseil pontifical "Justice et Paix", le
cardinal Simon Lourdusamy, préfet de la Congrégation pour les Eglises
orientales, ainsi que Mgr Jean-Louis Tauran, "ministre des Affaires étrangères" du Saint-Siège, devrait sans doute être reçu samedi par le pape Jean
Paul II.
Selon le patriarche, la guerre du Golfe n’a pas été déclencée pour défendre un pays ou le droit international, mais pour du pétrole: "On n’a pas
laissé le temps ni la possibilité à Hussein de répondre après l’échéance de
l’ultimatum de l’ONU. Sous la pression d’Israël, affirme-t-il, les Américains ne voulaient qu’une seule chose: écraser l’Irak". Et maintenant,
poursuit le patriarche, c’est la guerre. "Ce sera une guerre longue, dure
et sanglante".
A propos de sa mission de paix, le patriarche de Bagdad explique
qu’"avant la guerre, nous voulions trouver le moyen de commencer un dialogue pacifique sur des principes valables pour tous que personne ne met en
question, des principes internationaux sur les droits de l’hommme et des
peuples. Maintenant nous devons trouver le moyen d’arrêter la guerre et
d’arriver à un accord". Le patriarche relève enfin qu’il n’est jamais trop
tard pour l’homme: "Il faut jusqu’au dernier moment chercher à sauver
l’humanité parce qu’on ne sait pas quelle sera la réaction de l’Irak", conclut-il. (apic/jt/pr)