"Une guerre de l’information se déchaîne actuellement contre le christianisme, aussi bien contre les fondements mêmes de la foi, que contre les Eglises et certains de leurs représentants en particulier", a déclaré le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou (DREE).
Intervenant au forum
international des journalistes chrétiens sur le thème "Le christianisme
dans le monde d’aujourd’hui" le 6 septembre 2019 à Budapest, Mgr Hilarion
a affirmé que le journaliste chrétien "ne devait pas employer les procédés
malveillants de certaines publications laïques".
Les réfugiés en provenance des pays musulmans
Le chef du DREE a
affirmé que l'Europe était étranglée par une vague de violence contre sa
religion "et tout cela se produit alors que des réfugiés ne cessent
d’affluer, principalement en provenance des pays musulmans africains ou
proche-orientaux. Ces processus provoquent inévitablement une modification de
la configuration religieuse et ethnique de l’Europe, d’autant plus que la
population de souche du continent ne cesse de diminuer".
De hauts représentants
des Eglises orthodoxes locales, de l’Eglise catholique romaine et des
communautés protestantes, des représentants des autorités et de la société
civile hongroise ont participé à cette manifestation, peut-on lire sur le site
internet du Patriarcat de Moscou.
Le journaliste chrétien doit être un témoin de l’Evangile devant le monde
Dans la communication
qu’il a présentée aux participants du forum, le métropolite a constaté que le
travail du journaliste chrétien était un ministère d’Eglise dans le monde
actuel. "Un croyant travaillant dans les médias doit être, à sa manière,
prédicateur de Jésus Christ et de sa doctrine. Devenir témoin de l’Evangile
devant le monde environnant, voilà la tâche du journaliste chrétien", a
souligné Mgr Hilarion.
Le chef du DREE s’est
attardé sur le problème des persécutions contre les chrétiens dans le monde. "Ces
dernières décennies, ce problème a pris des proportions de grande envergure,
mais, jusqu’à une date récente, n’avait pas retenu l’attention des institutions
internationales et des médias. Selon les données de différentes organisations
internationales, environ 100 millions de disciples de Jésus Christ dont
actuellement l’objet de répressions. Il faut reconnaître un fait évident: les
chrétiens sont la communauté religieuse la plus persécutée de la planète".
L'Ukraine de Porochenko dans le collimateur
Le métropolite a aussi
qualifié "d’exemple criant de pression informationnelle sur la vie de l’Eglise
et sur les chrétiens, d’incitation à la haine pour raison d’identité nationale
et religieuse" les évènements qui se sont produits en Ukraine sous
l’ancien président Petro Porochenko, lorsque le pouvoir de Kiev "s’est
brutalement immiscé dans les affaires internes de l’Eglise".
Mgr Hilarion a rappelé
qu’en janvier 2019, à la demande insistante de l'ex-président ukrainien et en
dépit de la volonté de la majeure partie des orthodoxes d’Ukraine, "le
patriarche de Constantinople avait accordé un décret (tomos, en langage ecclésiastique) d’autocéphalie à une structure
pseudo-ecclésiale, créée à l’initiative des autorités sur la base de la réunion
de plusieurs groupes de schismatiques, structure qui n’a été reconnue par
aucune Eglise orthodoxe locale".
83 paroisses prises d’assaut
Le métropolite a
rapporté qu’avec le soutien des autorités de l’époque cette nouvelle structure
s’en était prise aux paroisses membres de l’Eglise orthodoxe ukrainienne,
notamment en Ukraine occidentale. "83 paroisses ont été prises d’assaut,
un chiffre qui ne tient pas compte des nombreux cas de réenregistrement illégal
de nos communautés dans la juridiction des schismatiques par les autorités",
a précisé Mgr Hilarion.
"Les journalistes
qui se décident à rapporter ce qui se passe vraiment dans le domaine
confessionnel en Ukraine risquent de voir peser sur eux le poids de la machine
étatique. Depuis l’an dernier l’Ukraine a rejoint la liste des pays où les
journalistes sont mis en prison pour leur activité professionnelle", au
même titre que l’Algérie, le Cambodge, le Pakistan, la Somalie ou l’Ouganda,
a-t-il martelé.
La civilisation européenne a renoncé aux fondements de son identité chrétienne
Ensuite, le président
du DREE a soulevé la question du lien entre le christianisme et l’identité
européenne. Selon lui, le problème principal de la civilisation européenne est
qu’elle a cessé d’être européenne, pour avoir volontairement renoncé aux fondements
de l’identité européenne, dont le principal était le christianisme.
"En même temps, il
y a en Europe des pays qui sont attachés à leur identité chrétienne, qui n’ont
pas peur de déclarer leurs racines chrétiennes", a constaté le
métropolite, citant la Hongrie en exemple. En 2012, le parlement de ce pays a
adopté une nouvelle Constitution, qui a suscité des protestations au niveau
international, à cause des articles de ce texte où les valeurs chrétiennes sont
mentionnées, note le Patriarcat de Moscou. (cath.ch/mospat/be)