"La paix ne s’obtient que par la conversion des coeurs"
Fribourg, 17janvier(APIC) "C’est un sentiment de grande tristesse" que
Mgr Pierre Mamie, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, a
éprouvé à l’annonce du déclenchement des hostilités dans le Golfe. Mgr Mamie, qui a suivi les événements toute la nuit sur l’écran de la télévision
avant d’aller dire sa messe, est visiblement touché par le malheur qui
frappe la région.
MgrMamie:Mon tout premier sentiment, c’est évidemment une très grande
tristesse. Je souhaite ensuite que cela finisse vite et qu’il y ait le
moins de morts possible, en particulier parmi les innocents. J’espère finalement que la nouvelle manière de régler les affaires internationales à
travers le canal des Nations-Unies continue, parce que c’est vraiment nouveau, prometteur et, je l’espère, efficace. Mais je souhaite un modèle qui
ne conduise plus jamais à la guerre, mais à des solutions concertées : notamment pour Israël, les Palestiniens, le Liban, les pays baltes, et d’autres endroits du monde.
APIC: Des millions de personnes de par le monde - et près d’un millier
mardi soir à la cathédrale de Fribourg - ont prié pour la paix dans le Golfe. Peut-on interpréter cette guerre comme un échec de la force de la
prière ?
MgrMamie:Je réponds que l’Evangile nous a dit que tout ce que l’on demandera à Dieu au nom de Jésus nous sera accordé. Mais Dieu n’a pas toujours précisé quand. Ces prières porteront certainement leurs fruits, mais
c’est la question théologique de Dieu et du mystère du mal qui nous est ici
posée. Je pense que ces prières auront en tout cas porté un fruit : quoi
qu’il arrive, il faut mettre Dieu dans toute notre vie, dans la vie des
hommes comme dans la vie des nations. Mais je ne veux en aucun cas par là
justifier une guerre sainte.
APIC:L’effort de prière pour la paix et la réconciliation doit donc continuer ?
MgrMamie:Cet effort doit continuer et s’intensifier - d’autant plus que
nous avons peut-être commencé à prier trop tard - car la paix ne s’obtient
que par la conversion du coeur des hommes, en particulier des chefs d’Etat.
La victoire des armes ne suffit pas, il faut que le coeur des hommes soit
converti.
Propos recueillis par Jacques Berset