Guatémala: un pays oublié, une situation désepérante (190789)
Lausanne, 19juillet(APIC) De retour du Guatémala, Thomas Kugler, responsable des projets en Amérique latine du Département de développement de
l’Entraide protestante suisse (EPER) a rendu compte du voyage qu’il a effectué dans ce pays en compagnie d’une délégation de l’oeuvre d’entraide.
L’EPER était l’invitée de la Fondation de la Coopération de Secatepequez
qui fête cette année son dixième anniversaire.
Le projet de coopérative est né du tremblement de terre qui avait dévasté le Guatémala en 1976. Pour venir en aide aux victimes du séisme, l’EPER
lançait alors un appel de fonds qui lui permit de récolter 12 millions de
francs. Cet argent fut affecté à la reconstruction et l’EPER choisit plus
particulièrement de venir en aide à un village situé à quelque 40 kilomètres de Guatémala City, la capitale. Durant deux ans, les habitants, aidés
d’une dizaine de volontaires, entreprirent la construction d’un millier
d’habitations.
Pour ces volontaires, le premier objectif était de gagner la confiance
des paysans indiens méfiants à l’égard de toute aide extérieure. Objectif
atteint puisqu’en 1979, paysans indiens et volontaires de l’EPER posaient
la première pierre de ce qui allait devenir la coopérative de Secatepequez.
Dix ans plus tard, le constat qu’a pu dresser sur place Thomas Kugler est
plus que satisfaisant. Ce projet soutenu par l’EPER est "un projet qui marche" puisqu’il accuse un bénéfice de 600’000 francs.
Quelque 1600 familles sont intégrées à la vie de la coopérative, ce qui
représente dix mille personnes. "Le succès d’une telle entreprise, rappelle
le responsable de l’EPER, réside avant tout dans le fait qu’elle est une
décision prise de l’intérieur, avec l’assentiment des gens concernés et
qu’elle n’a pas été imposée de l’extérieur". Les membres de la coopérative
sont de petits propriétaires indiens. Ils cultivent principalement du maïs
et des légumes qu’ils vendent non plus seulement sur le marché local, mais
aussi sur le marché d’exportation, ce qui leur garantit une meilleure rentabilité.
Si la coopérative est un franc succès, il n’en va pas de même pour d’autres projets de l’EPER dans ce pays d’Amérique centrale. Après les visites,
rencontres et les festivités du 10e anniversaire, les 14 délégués ont pu
voir ce qui constitue l’autre partie du travail de l’EPER au Guatémala. Ces
projets reflètent bien plus la réalité du pays, "un pays dont on ne parle
pas dans les médias", déplore Thomas Kugler.
Majoritaire et pourtant politiquement inexistant
Le 70% de la population guatémaltèque est indienne. Les indiens, majoritaires, sont néanmoins tenus à l’écart de la vie politique et sociale du
pays. Les latinos, autrement dit les métis, représentent par conséquent 30%
de la population, C’est cependant une minorité d’entre eux qui détient le
pouvoir. Enfin, 7% de la population se partage le 70 à 80% des terres. A ce
propos, Thomas Kugler dresse un tableau tragique de la vie des indiens.
Leurs coutumes et traditions sont menacées, quant il ne meurent pas de faim
ou qu’ils ne sont pas chassés de leurs terres des hauts-plateaux dont on
extrait maintenant le pétrole.
le soutien de l’EPER va aussi vers ces populations indiennes des
hauts-plateaux, sous forme d’aide humanitaire et de formation. Un autre
volet de l’assistance offerte par l’EPER se traduit par une collaboration
avec le mouvement oecuménique indien qui participe à la lutte populaire
pour le respect élémentaire des droits de l’homme. L’EPER est une des
seules organisations humanitaires présentes au Guatémala. (apic/spp/pr)