Guatémala: les évêques demandent pardon aux Indiens (011092)
Madrid, 1eroctobre(APIC) La Conférence épiscopale du Guatémala demande
pardon à tous les peuples indiens du pays à cause des erreurs et des contradictions dans lesquelles l’Eglise s’est compromise durant les cinq premiers siècles de l’évangélisation de Amérique latine. Elle le fait dans une
lettre pastorale reprise par le quotidien espagnol "El Pais". Ce document
des évêques gualtémaltèques, diffusé dans toutes les communautés catholiques du pays, a pour titre: "L’évangile semé durant 500 ans".
Bien avant l’arrivée des Espagnols, "Dieu était déjà présent dans les
peuples et les cultures de nos pays", affirment les évêques. C’est ainsi
que la culture maya et les religions de l’époque ont été "une aide satisfaisante" pour interpréter le monde et la vie. La nature a aussi permis aux
Mayas d’y voir la manifestation de Dieu. La lettre pastorale souligne que
ces formes d’expression religieuse étaient en quelque sorte " des graines
de la Parole de Dieu". Quand les missionnaires européens sont venus évangéliser l’Amérique, cela n’a pas toujours été respecté. "Ils ne pouvaient pas
se défaire de l’idée erronnée da la supériorité de la culture européenne
sur la culture indienne et leur manière d’appréhender ’les faux dieux’ et
les ’cultes superstitieux’ les ont incité à détruir des temples et des images sacrées des Mayas, à supprimer des rites et des offices religieux et à
brûler des livres de lois et d’autres documents.
"Les 500 dernières années ont été 500 ans de semailles mais pleines de
lamentations, de larmes et de sang des martyrs indiens", dit encore le document épiscopal. "Nous, pasteurs responsables de l’Eglise d’aujourd’hui,
nous demandons pardon aux peuples indiens et nous nous réjouissons que
l’esprit de la culture maya, qui refleurit à nouveau, devienne toujours
plus une instance critique dans la société, dans les structures, les cultures, les formes de la vie et même dans la vie religieuse", soulignent les
évêques. (apic/kna/ba)