Guatemala: le sommet mondial des leaders indigènes (260593)
Guatemala Ciudad, 26mai(APIC) Malgré la grave situation politique que vit
le Guatemala, le "premier sommet mondial des leaders indigènes" convoqué à
l’initiative de Rigoberta Menchu n’a pas l’intention d’interrompre ses travaux, annonce le bureau du Prix Nobel de la Paix 1992, quelques heures
après l’état d’exception décrété par le président Serrano.
Dans un appel lancé de la capitale guatémaltèque, le bureau de Rigoberta
Menchu exprime la consternation ressentie dans le pays et à l’extérieur devant le coup de force du président Jorge Serrano Elias. Ce dernier a dissous le Parlement et la Cour Suprême, suspendu les garanties individuelles,
en même temps que les fonctions de procureur général de la nation et de
procureur général des Droits humains, et annoncé la constitution dans les
60 jours d’une assemblée constituante. Il semble évident que le président a
pris ces initiatives à l’instigation d’une armée très puissante, mise en
cause pour ses violations continuelles des Droits de l’homme. Cela explique
l’interpellation du procureur des Droits de l’homme Ramiro de Leon Carpio,
qui s’est élevé contre ces violations. Les résidences de ce dernier, ainsi
que celles de Fernando Lubo Dubon, président du Congrès, et de Juan Jose
Hodil Peralta, président de la Cour Suprême, sont placées sous la surveillance d’unités militaires.
Malgré cet état d’exception, le "premier sommet mondial des leaders indigènes", considéré comme une conférence satellite de la Conférence mondiale des Droits humains de Vienne en Autriche et convoquée par Rigoberta Menchu, au nom du secrétaire général de l’ONU, ne suspendra pas ses activités,
programmées du 24 au 28 mai à Chimaltenango. Prennent part aux travaux 48
délégués, 12 porte-parole, 18 observateurs nationaux et 12 internationaux
venus de dix-huit pays: Canada, Equateur, Pérou, Brésil, Bolivie, Chili,
Panama, République Dominicaine, Nicaragua, Norvège, Suède, Philippines,
Thaïlande, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis, Alaska, Australie, Mexique.
Mardi, Rigoberta Menchu a pourtant regagné la capitale pour effectuer
des démarches auprès de divers interlocuteurs et donner son point de vue
sur la situation présente devant les journalistes.
Dans son message, le bureau du Prix Nobel de la Paix s’inquiète de
"l’augmentation de la répression contre la population en général, face à
laquelle nous lançons un appel à la communauté internationale, pour qu’elle
soit attentive à ce qui se passe au Guatemala". Il dénonce l’état d’exception et propose ses bons offices pour que soient rétablis les droits constitutionnels et le plein respect des Droits humains". (apic/cip/cb)