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    Guatémala: le Dialogue national est mal parti (010289)

    Ciudad de Guatémala, 31janvier(APIC) Avec plus d’un an de retard sur le

    calendrier prévu, la Commission nationale de réconciliation présidée par

    Mgr Rodolfo Quezada, évêque de Santo Christo de Esquipulas, a convoquée le

    Guatémala au "Dialogue national" Une centaine d’entités sociales les plus

    diverses y ont délégué des représentants. Quant aux sièges de la guérilla

    et de l’armée, en lutte depuis 28 ans, ils sont demeurés vides. En l’absence des principaux acteurs en armes, le dialogue s’est établi entre partenaires sociaux et politiques.

    Si les forces armées avaient demandé à n’être pas invitées, en prétextant qu’elles "se considèrent apolitiques", en revanche, la participation

    de l’Unité révolutionnaire guatémaltèque (URNG) avait, elle, été refusée.

    Selon Mgr Quezada, cette dernière ne remplissait pas les exigences légales

    nécessaires. Il s’est toutefois déclaré "favorable à la participation des

    guérilleros au dialogue parce qu’ils l’avaient eux-mêmes demandé, mais

    qu’en plus du problème de la légalité, il y a celui de la sécurité des envoyés des insurgés".

    Le but de la Commission nationale de réconciliation a pour objectif de

    créer un espace fiable pour que tous les secteurs sociaux guatémaltèques

    puissent échanger leurs points de vue sur les principaux problèmes du pays.

    L’absence de personnalité juridique pourrait cependant exclure des conversations une vingtaine d’organisations populaires, dont la plus grande organisation ouvrière et paysanne: l’Unité d’action syndicale et populaire

    (UASP). La Commission a donné un délai de trente jours à ces organisations

    pour régulariser leur situation légale. Une tâche impossible, selon un dirigeant de l’UASP, Luis Colocho. "Ce laps de temps est insuffisant car les

    démarches administratives pour obtenir la personnalité juridique peuvent

    durer plusieurs mois et constituer un obstacle formel à la participation à

    la rencontre", fait-il observer.

    Dans ce contexte, une déclaration a été rendue publique. Elle porte la

    signature des cinq principales centrales ouvrières du pays, et demande

    l’ouverture d’"un dialogue populaire s’inscrivant dans l’esprit d’Esquipulas". Ces différents groupes indiquent en outre qu’"un dialogue vicié et

    concerté entre les secteurs traditionnels du pouvoir constituerait pour le

    gouvernement une échappatoire à l’engagement souscrit dans l’accord de paix

    centro-américain".

    Mal parti!

    Les observateurs s’accordent à penser que le "Dialogue national" est mal

    parti. Les partis politiques, du Mouvement de libération nationale (MLN),

    réputé pour appartenir à l’extrême-droite, au Parti socialiste démocrate

    (PSD), classé au centre-gauche, accusent le régime démocrate-chrétien

    d’avoir fait dévier l’actuel processus politique vers une polarisation ouverte, et cela, disent-ils, par manque de stratégie de concertation. Ces

    mêmes observateurs craignent que le dialogue ne dégénère en réalité en de

    vives querelles. Et les conversations qui devaient servir de préambule ont

    été interrompues en raison du retrait des chefs d’entreprises et des syndicalistes.

    Cette situation n’empêche cependant pas le président Vinicio Cerezo de

    faire preuve d’optimisme en déclarant qu’une convergence sera recherchée

    dans les domaines susceptibles d’offir des solutions. Un optimisme qui

    tranche avec les déclarations faites par Mgr Quezada. Celui-ci admet en effet l’existence d’une "crise de confiance et d’une forte méfiance réciproque entre les secteurs sociaux".

    Droits de l’homme? un peu mieux, mais...

    Autre témoignage à propos du climat difficile qui règne au Guatémala:

    celui de l’archevêque de Ciudad de Guatémala, Mgr Prospero Penados del Barrio. Dans une interview accordée à Radio Vatican, il relevait que les

    droits de l’homme s’étaient améliorés dans son pays depuis qu’il est dirigé

    par un régime démocratique, mais reconnaissait que ces violations n’ont pas

    entièrement disparu: "Récemment, a-t-il affirmé, 21 paysans ont été tués.

    L’oeuvre de la guérilla ou de l’armée? Aucune réponse n’est apportée.

    La situation qui était "atroce lorsque les militaires étaient au pouvoir, semble néanmoins évoluer favorablement", soutient Mgr Penados del

    Barrio. Quant à la guérilla, on en parle guère à l’étranger. "Probablement

    parce que la la situation est moins dramatique que dans d’autres pays, comme au Salvador", explique-t-il. Reste que la tentative de médiation entre

    les quatre mouvements de guérilla et le gouvernement a échoué, et que la

    trêve dont il avait été question à un moment donné n’a pas été respectée.

    Il n’en demeure pas moins que les négociations se poursuivent aujourd’hui

    dans le cadre de la Commission de Réconciliation nationale. Sans grands

    résultats toutefois: la dernière rencontre, la deuxième du genre, tenue à

    San José de Costa Rica, s’est achevée sur un échec. Quant à la troisième,

    qui devait avoir lieu le 15 janvier, elle a été reportée... en raison de

    l’installation de Georges Bush comme président des Etats-Unis.

    (apic/dial/cip/pr)

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