Guatémala: graves violations des droits de l’homme (280792)
Guatémala-City, 28juillet(APIC) L’Organisation mondiale contre la torture
(OMCT) lance une campagne d’information et de dénonciation contre de graves
violations des droits de l’homme au Guatémala. L’OMCT dénonce spécialement
le climat d’insécurité dont est victime la population et l’impunité qui
protège les responsables des violations. Elle fait part notamment des menaces de mort répétées contre des familles et des membres de la quatrième
Cour d’appel, comme de cas d’exécutions perpétrées, au mois de juillet,
"par des hommes armés non identifiés ou par des agents de l’Etat guatémaltèque".
Parmi les atteintes aux droits de l’homme au Guatéamala, l’OMCT signale
les menaces perpétrées par des civils armés, non identifiés, contre des familles des 11 victimes du massacre d’Escuintla qui a eu lieu en août 1991.
Les familles se sont plaintes de ces faits auprès du ministère public, en
précisant que les auteurs de ces menaces avaient exigé qu’ils ne portent
pas plainte contre "six militaires" détenus et accusés d’être responsables
du massacre.
En début de juillet 1992, on apprenait en outre que des menaces avaient
été proférées contre les membres de la Quatrième Cour d’appel (Sala Cuarta
de la Corte de Apelaciones). Les avocats Mario Guillermo Ruis Wong, président, Napoléon Guttierrez Vargas, premier magistrat et Hector Hugo Perez
Aguillera, deuxième magistrat. Ces menaces auraient été motivées par les
peines infligées contre des militaires et des trafiquants de drogue.
Le "Grupo de Apoyo Mutuo" (GAM) craint aussi pour la vie de Tomas Lorenzo Xoc, membre du GAM, habitant Cupol, dans la commune de Chichicastenango,
dans le département d’El Quiché. Un délégué militaire de la région, Juan
Ventura Morales, qui serait l’auteur présumé de la tentative d’assassinat
perpétrée à l’encontre de Tomas Xoc en juin dernier, n’a pas été inquiété.
A tout ceci s’ajoute l’attentat dont a été victime le 2 juillet Jesus Miranda, dirigeant syndical des employés de Guatel (entreprise guatémaltèque
des télécommunications).
L’OMCT dénonce les assassinats de Osmam Giovanni Estanley, 20 ans. Disparu le 3 juillet, son cadavre a été retrouvé le 6 juillet aux environs
d’El Palmar, dans la commune de Teculutan, département de Zacapa; de Juan
Carlos Vasquez, 17 ans, et Oswaldo Rivera Rodriguez, 16 ans, portés disparus le même 3 juillet. Leurs corps ont été rencontrés sur la route entre
les départements de Zacapa et de Chiquimula.
Enfin l’Organisation mondiale contre la torture signale un triple assassinat le 5 juillet , près de l’aéroport "La Aurora", près de la capitale
guatémaltèque. Des membres de l’armée à bord d’un véhicule blindé ont vioemment heurté une automobile et ont ensuite tiré sur ses occupants. Il
s’agit de Norman Roidamar Rodriguez, 26 ans, ingénieur, Emilio Morales
Guerra, 26 ans , élève ingénieur et Luis Morales Zavala, 25 ans, étudiant
en économie. Selon des informations dignes de foi, les militaires ont donné
le coup de grâce aux victimes.
Ayant reçu ces informations de la Commission de défense des droits de
l’homme du Guatémala, l’OMCT invite les citoyens du monde entier à écrire
aux autorités guatémaltèques en leur demandant de prendre des mesures appropriées pour sauvegarder et garantir la vie et l’intégrité physique et
psychologique des personnes menacées. Et en exigeant que ces mêmes autorités fassent des enquêtes exhaustives et impartiales afin que les responsables soient identifiés et punis selon la loi. (apic/com/ba)
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