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    Détenus depuis deux ans en violation du droit international

    Guantanamo: Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent Washington

    New York/Londres/Lausanne, 11 janvier 2004 (Apic) Les organisations de défense des droits de l’homme Human Rights Watch à New-York et Amnesty International à Londres et Lausanne dénoncent le "trou noir légal" dans lequel se trouvent depuis exactement deux ans les prisonniers de Camp Delta, à Guantanamo Bay.

    Le gouvernement américain est accusé de détenir "dans des conditions inhumaines" ces personnes sans jugement, de façon illégale au regard du droit international. Les premiers prisonniers sont arrivés dans la base américaine à Cuba le 11 janvier 2002.

    Deux ans après l’installation du camp de détention, quelque 650 internés venant de plus de 40 pays et parlant 17 langues différentes, ne connaissent pas les charges qui pèsent contre eux. Selon la thèse officielle du gouvernement américain - contestée par nombre de juristes, qui parlent de "limbes" au plan juridique - ces détenus ne sont pas des prisonniers de guerre mais des "combattants illégaux".

    Les emmurés de Guantanamo sont donc privés des droits normalement accessibles à tout prisonnier, et sont arbitrairement soustrait par l’administration Bush à la protection des Conventions de Genève "jusqu’à la fin de la guerre contre le terrorisme". Ces prisonniers maintenus en détention "incomunicado" ne savent pas depuis deux ans s’ils seront jamais jugés ou libérés.

    Parmi les supposés terroristes, de simples civils et des enfants

    Human Rights Watch (HRW) basée à New York accuse les Etats-Unis de continuer à ignorer le droit international dans la façon de traiter ces détenus. Le public est toujours maintenu dans l’ignorance de qui ils sont et des crimes qu’ils sont supposés avoir commis. La plupart ont été capturés lors de l’invasion américaine de l’Afghanistan, fin 2001 et seraient, selon Washington, membres du terroriste Al-Qaïda d’Oussama ben Laden.

    HRW estime qu’une partie de ces détenus sont probablement de simples civils et parmi eux, il y a au moins trois enfants âgés de 15 ans, voire même plus jeunes. D’autres, âgés de 16 ou 17 ans, sont emprisonnés avec des adultes dans le camp de détention ultrasecret.

    Mettre fin à cette parodie de justice

    A l’occasion du 2e anniversaire, le 11 janvier, du premier déplacement de prisonniers à Guantanamo Bay, Amnesty International a appelé à mettre fin au " trou noir légal " de Camp Delta, à traiter enfin les 650 détenus selon le droit international, à les traduire en justice dans des procès équitables, et à relâcher et dédommager ceux contre lesquels aucune charge ne peut être retenue. Certains des détenus de Guantanamo Bay entament leur troisième année de captivité sans avoir eu accès à un avocat, et sans charges ni procès: " Il est plus que nécessaire de mettre fin à cette parodie de justice", déclare la secrétaire générale de la section britannique d’Amnesty International, Kate Allen.

    L’organisation critique depuis longtemps les conditions inhumaines de détention, les méthodes d’interrogatoire, ainsi que l’absence de statut légal des prisonniers, en raison de leur classification comme "combattants illégitimes". Les Etats-Unis refusent de soumettre ce statut légal à un tribunal indépendant et violent ainsi la 3e Convention de Genève. Amnesty International demande l’autorisation d’entrer à Camp Delta et que les projets d’instructions de procès par des commissions militaires soient abandonnés, car ces entités ont le pouvoir d’émettre des condamnations à mort sans qu’aucun recours ne soit possible. (apic/com/ai/hrw/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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