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    Grèce: ségrégation religieuse outre-tombe (290893)

    "Droits de l’homme sans frontières" dénonce

    Bruxelles, 29août(APIC) A Xanthi, ville située dans le nord-ouest de la

    Grèce, les autorités municipales pratiquent depuis 1991 une curieuse forme

    de ségrégation. Elles refusent, sous la pression de l’évêque orthodoxe de

    la région, d’enterrer les membres des Témoins de Jéhovah avec les défunts

    orthodoxes.

    A la sortie de Xanthi, le long de la route menant à Alexandroupoli, le

    cimetière fait l’objet de vives polémiques. En 1991, les autorités locales

    ont décidé que les témoins de Jehovah seraient enterrés dans un coin du cimetière isolé des défunts orthodoxes. Elles leur ont réservé un espace triangulaire entièrement clos par un mur de béton de plus de deux mètres de

    hauteur et fermé par deux étroites portes métalliques peintes en noir. Pas

    question non plus de laisser les cortèges funèbres de la secte entrer par

    le portail principal du cimetière. Une porte latérale dérobée, accessible

    par un chemin de terre, a été ouverte dans le mur de clôture.

    En mars 1992, Willy Kuijpers, sénateur belge s’est rendu sur place pour

    protester contre cette forme de discrimination et demander que le mur soit

    abbattu. En juillet 1992, une délégation de l’organisation "Droits de

    l’homme sans frontières" est retournée sur place pour constater que la protestation de Willy Kuijpers n’était pas restée sans effet. La partie supérieure du mur avait été démolie et remplacée par un grillage. Malgré cette

    demi-mesure, les témoins de Jehovah restaient ostensiblement maintenus à

    l’écart de la communauté des morts. Impression confirmée en 1993, lors

    d’une nouvelle visite. Des monceaux de détrituts s’étaient accumulés dans

    et autour de l’enceinte.

    A la lumière des témoignages receuillis sur place par "Droits de l’homme

    sans frontières", cette mise au ban de la société résulte d’initiatives et

    de pressions du métropolite de l’Eglise orthodoxe locale, parti en guerre

    sainte contre les sectes et en particulier contre les Témoins de Jéhovah.

    Le cas de Xanthi n’est pas unique. A Bafeika, la tombe d’un témoin de

    Jéhovah, mort en 1992, a été placée à 80 mètres des tombes orthodoxes. A

    Genisea, un musulman devenu Témoin de Jehovah dû attendre deux jours avant

    d’être enterré dans un coin très éloigné du cimetière. A Mirodato Xantis,

    après l’enterrement d’une femme de 53 ans dans le cimetière du village, le

    25 juillet dernier, le maire a reçu un téléphone des services du métropolite local lui intimant l’ordre d’enterrer tout Témoin de Jéhovah hors du cimetière. (apic/com/mp)

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