Grèce: peines de prison contre des Témoins de Jéhovah (020493)
Athènes, 2avril(APIC) Quatre Témoins de Jéhovah ont été condamnés mercredi à Athènes à 15 et à 10 mois de prison et à une amende pour cause de prosélytisme, rapporte "Droits de l’hommes sans frontières", une organisation
belge.
A l’issue de deux jours de débats, un tribunal d’Athènes a condamné
Efsthatios Flokos et son épouse à 15 mois de prison, 6 mois de surveillance
policière et 25’000 drachmes (180 francs suisses) d’amende chacun et deux
autres personnes Georgios Bakopanos et Constantinos Makris, à 10 mois de
prison, 6 mois de surveillance policière et 20’000 drachmes chacun.
Selon "Droits de l’homme sans frontières", les Flokos, tous deux Témoins
de Jéhovah, ont en 1984, recueilli un neveu âgé alors de 14 ans, Kostas
Evangelis Spiliotopoulos, chassé de chez lui par ses parents, alors en
pleine mésentente. Kostas Evangelis s’est intéressé à la religion de ses
hôtes et a fini par y adhérer. Malgré plusieurs tentatives, il n’a jamais
pu retourner chez lui en raison de l’hostilité de sa mère.
En 1989, "à l’instigation du clergé orthodoxe local", affirme "Droits de
l’homme sans frontières", la mère et la soeur de Kostas ont déposé plainte
contre les Flokos pour prosélytisme. Lors du procès, dix-sept témoins à
charge ont été entendus, "à la demande du chef du département anti-hérésie
de l’Eglise orthodoxe grecque, Mgr Alevizos", ajoute l’organisation. Les
deux autres personnes condamnées l’ont été pour avoir interdit l’accès de
leur lieu de réunion à la mère de Kostas venue récupérer son fils.
2’000 arrestations en dix ans
Lors du procès, Kostas Evangelis, âgé aujourd’hui de 23 ans, a déclaré
n’avoir subi aucune contrainte ni pression morale et que son adhésion aux
Témoins de Jéhovah était le fruit d’une décision personelle, libre et mûrement réfléchie.
Les inculpés étaient défendus par Panos Bitsakis, un avocat athénien de
renom. En novembre dernier, celui-ci a défendu Minos Kokkinakis à la Cour
Européenne des droits de l’homme à Strasbourg, dans un procès qu’il a intenté à l’Etat grec et dont le verdict est attendu avant l’été.
Entre 1983 et 1991, plus de 2’000 Témoins de Jéhovah ont été arrêtés en
Grèce pour cause de prosélytisme, révèle un rapport spécial de l’ONU rendu
public le 6 janvier 1993 à la Commission des droits de l’homme à Genève.
(apic/cip/ba)