Non à la reconnaissance d’une "République de Macédoine" en ex-Yougoslavie
Athènes, 5juin(APIC) Les évêques catholiques de Grèce, dans une lettre
adressée aux présidents des Conférences épiscopales de la Communauté européenne, se rangent derrière le gouvernement d’Athènes et le peuple grec et
refusent que l’ancienne République de Macédoine, dans l’ex-Yougoslavie,
soit reconnue sous ce nom, qui appartient historiquement à la Grèce. Les
Grecs affirment craindre les "plans expansionnistes" de Skopje.
Dans une lettre signée par le président de la Conférence épiscopale, Mgr
Antonios Varthalitis, archevêque de Corfou, Zante et Céphalonie, les
évêques catholiques grecs demandent que la "République de Skopje" ne soit
pas reconnue "sous le glorieux nom grec de Macédoine". Les évêques grecs ne
nient pas aux "Skopjiens" - c’est ainsi qu’ils appellent les habitants de
l’ancienne République "yougoslave" de Macédoine - le droit d’ériger leur
propre Etat. Mais ils soulignent que pour tous les Grecs, "la Macédoine et
le peuple macédonien, c’est la Grèce".
Des prétentions territoriales dangereuses
Les évêques grecs soulignent que la région géographique de Macédoine
s’étend sur plusieurs pays : en Grèce (51 %); en Bulgarie (9,5 %); en Albanie (0,5 %) et en Yougoslavie (39 %). Ils estiment que l’adoption de la dénomination "Macédoine" pour la future République de l’ex-Yougoslavie indique clairement que la juridiction de celle-ci s’étend sur les régions macédoniennes de tous les pays voisins. Ils affirment craindre que cette appropriation du nom hellénique de Macédoine "cache un dessein militaire et politique".
D’autre part, la mosaïque de peuples qui composent cette République
(Slaves essentiellement d’origine bulgare ou serbe, Albanais, Musulmans,
Hellènes, etc.) est une véritable poudrière, que l’interventionnisme des
pays voisins (l’Albanie, mais avant tout la Bulgarie et la Turquie sont citées nommément) ne fait que rendre plus instable. Les Turcs sont accusés de
vouloir fomenter un "arc musulman" dans les Balkans. (apic/com/be)